« Je m’assoie sur tes bancs, je regarde tes monuments et je trinque à la santé de tes amants », des paroles entonnées par Marc Lavoine pour rendre hommage à la ville de Paris. Filmée, regardée, chantée ou photographiée, elle devient une source d’inspiration pour de nombreux artistes Du 8 novembre 2013 au 8 mars 2014, l’exposition Brassai s’installe à l’hôtel de ville pour consacrer une rétrospective sur son amour inconditionnel de la capitale, Josephine Baker l’a décrivait par ses mots :  « j’ai deux amours, mon pays est Paris ». Béret sur la tête pour vous messieurs et coiffure Antoine pour vos mesdames, direction le siècle dernier pour cette exposition nostalgique.

La rétrospective est organisée de manière thématique sur sa passion de la ville. Cinq grands thèmes s’en dégagent : du Paris de Marcel Proust en passant par les murs de la ville lumière et son côté flâneur, jusqu’au Paris de Picasso et des années folles.

Tel, un guide touristique, il nous amène dans le Paris de Marcel Proust, une ville flirtant avec la Belle Epoque, les dandys, les jolies femmes et l’élégance composent ce paysage. Une série de photographies dévoilent les lieux publics les plus prisés de la capitale. Passant du jardin du Luxembourg, les Tuileries, le Rond Point des Champs Elysées et le parc Montsouris, des endroits où la vie parisienne se nourrit d’activités. Le visiteur devient le témoin de ce dynamisme parisien, il y croise un écolier jouant avec sa péniche dans le bassin du Luxembourg, un photographe ambulant exerçant son métier, des couples dans les rues ou lors de galas. Ensuite, un Paris élégant présente les endroits mondains : Longchamp avec les courses, la Tour Eiffel, le pavillon d’Armenonville et Maxims, l’un des établissements le plus réputé de la capitale. Les pratiques, les événements et les activités sont montrés pour revivre cette période.

Les murs de Paris plaira sans contexte, aux chercheurs et chercheuses à la recherche d’une empreinte artistique sur la capitale. Brassai est fasciné par le graffiti, il se balade de jour comme de nuit, calepin en main pour dénicher les meilleurs graffitis. Il note, repère le lieu et la date où il a découvert l’oeuvre à l’instar de Sherlock Holmes. Dès 1929, il décide de les photographier, selon lui : « les murs lépreux de Paris composent la plus grande galerie d’art primitif ». Il s’intéresse aux graffitis creusés et gravés dans les murs. Cela nous informe sur ses diverses techniques pour les photographier, il utilise les éclairages nocturnes de la rue comme les phares, becs de gaz ou les lueurs de cigarettes. Le graffiti devient un objet d’art dans la revue Minotaure en 1933 pour laquelle collabore Salvador Dali.

Une salle audiovisuelle nous ouvre ses portes avec la projection de «Tant qu’il y aura des bêtes », un court métrage primé à Cannes en 1956, mettant en scène des animaux exotiques de toutes sortes, issus du Zoo de Vincennes et du Jardin des Plantes. Une musique à la Charlie Chaplin, ralentis et accélérations de l’image, le monde animalier est montré dans sa simplicité.

Le Paris éternel celui du flâneur situé à l’étage montre la ville en journée, rendant hommage à ses habitants et ses monuments. Brassai parcourt les berges de la Seine à la rencontre des flâneurs, des pécheurs à la ligne, des bateliers, des sans abris et de nos chers toutous. Il devient le « pillard de beautés de toutes sortes ». Les scènes restent quotidiennes mais intemporelles pour le visiteur. Allant du simple platane aux bancs publics de la chanson de Georges Brassens. Les couples amoureux sont sujets à la photographie de la gare Saint Lazare ou devant un cinéma sur les grands boulevards. Puis, perçoit cette ville dans son ensemble et sa hauteur pour mieux apprécier sa beauté avec des clichés de Notre Dame, la place de la Concorde et les restes de la rue Merri détruite en 1934. Les endroits deviennent familiers, ce sont des lieux empruntés ou foulés à différentes époques, une sorte de pèlerinage pour ceux qui aiment flâner.

Le Paris de Picasso montre la collaboration entre les deux hommes, Picasso sollicite Brassai pour photographier son œuvre, il lui ouvre les portes de ses ateliers : Boisgeloup, La Boetie et les Grands Augustins. Des clichés intimes de l’artiste et de ses fabriques sont mises en valeur côtoyant Simone de Beauvoir en 1944, Picasso et Matisse à la brasserie Lipp en 1944, Dali et Gala en 1932 ou Jean Maraisposant pour Picasso. De là, une série de travaux va naître au début des années 30 sur les Folies Bergères,présente dans l’exposition.

Le dernier thème Paris des années folles exhibe la ville durant la nuit, l’artiste côtoie les noctambules ceux qui appartiennent au monde du plaisir, de l’amour, du vice, du crime et de la drogue. Il fréquente les cabarets de Montmartre, grands bourgeois, artistes et demi mondaines, bals musettes de la rue de Lappe, où l’accordéon est roi. Les diapositives sont des scènes de rues, on y voit les prostituées et leurs souteneurs dans des ruelles obscures, les clochards, les travailleurs de nuits ou des bordels dont il devient familier. Un itinéraire cheminant vers la tour Saint Jacques, Notre Dame, la Seine et la Conciergerie. De plus, les ponts principaux de la ville sont traversés : le Pont du Carrousel, le Pont Neuf et de Change.

Conclusion

La salle Saint Jean de l’hôtel de Ville est un espace adapté pour ce type d’exposition. Les thèmes sont agencés merveilleusement bien, le parcours du visiteur se fait avec aisance. Certains repenseront à leurs ballades sur la capitale et les lieux visités durant leurs périples. Cette rétrospective est d’une beauté, Brassai photographie l’intimité de la ville parisienne pour laquelle il est tombé amoureux très jeune et pour longtemps. Prise de jour ou de nuit, Brassai rend les clichés uniques pour l’oeil du visiteur. Paris reste la ville lumière et le restera tout au long de l’exposition.

Profitez-en, l’exposition est gratuite jusqu’au 8 mars 2014 pour vous replonger dans cette atmosphère du siècle denier.

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