Présent dans le paysage cinématographique depuis les années 70 avec Taxi Driver, Martin Scorsese a traversé les décennies. Aussi bien controversé qu’adulé, le natif du Queens à New-York a toujours assumé ses choix malgré les critiques virulentes. Renouant avec les biopics, son dernier film « le loup de Wall Street » sorti le 25 décembre 2013, dépeint le milieu financier américain dans les années 80-90 en s’inspirant de l’autobiographie de Jordan Belfort pour lequel Leonardo Di Caprio a le premier rôle. Sa dernière œuvre est-elle une pépite dans sa filmographie truffée de succès ? Ou une continuité de son talent de réalisateur ? Verdict à travers ce billet transpirant le dollar où l’argent ne dort jamais….

Auteur

Une filmographie savoureuse comme son talent, il investit le cinéma américain au sein de nombreux registres : celui des films de mafieux avec Means Streets (1976), les Affranchis (1990), Casino (1996) ou excelle pour des projets musicaux et documentaires pour New York, New York, (1977), Du Mali au Mississippi (2003), No Direction Home : Bob Dylan (2005) et George Harrison : Living in the Material World (2011). Soit avec des films historiques et des biopics avec Raging Bull (1981), Kundun (1997), Gangs of New York (2003) et Hugo Cabret (2005).

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Résumé

Le Loup de Wall Street raconte comment Jordan Belfort issu de la classe moyenne américaine, s’est hissé au sommet de la finance new-yorkaise. En convaincant des investisseurs d’acheter des actions sans valeur, grâce à un sens inouïe de la persuasion. Menant une vie sans limite par le pouvoir, l’argent, la drogue et les femmes jusqu’à ce que la justice s’intéresse à son empire.

Critique

Un casting choisit avec un soin méticuleux. Di Caprio revêt le rôle principal de Jordan Belfort, il devient avec Harvey Keitel et Robert de Niro, l’un des acteurs le plus prolifique sous la direction du metteur en scène (Gang of New York, Aviator, les Infiltrés, Shutter Island et le Loup de Wall Street). La qualité des seconds rôles est soignée, Scorsese prend le soin de choisir des acteurs inattendus même pour des rôles mineurs. On retiendra la performance de Matthew McConaughey (La Défense Lincoln, Paperboy, Mud : sur les rives du Mississippi) offrant une interprétation des plus délirante sur les nuisances du milieu financier américain. Jonah Hill (Supergrave, 21 Jump Street ) se glisse parfaitement dans l’univers en s’appropriant le rôle de l’alter égo de Jordan Belfort, habitué à des comédies teenager, sa performance est très intéressante.

Le scénario du Loup de Wall Street s’inspire pleinement de la biographie de Jordan Belfort écrite lors de sa sortie en prison en 2005, le cinéaste retrace fidèlement le parcours du financier de ses débuts dans les années 80 en évoquant les raisons et les conséquences de sa chute vertigineuse. Les personnages de Scorsese sont souvent distincts mais, possèdent un point commun : une chute par leur ascension. En revanche, La montée est fulgurante mais la démesure prend le dessus sur eux. L’homme d’affaires agrandit le cercle des protagonistes pour lequel ce sentiment est associé, Jake Motta (Robert de Niro) dans Raging Bull et Tommy de Vito (Joe Pesci) dans les Affranchis. Pour Casino et les Affranchis, le réalisateur utilisait une voix off pour accompagner le spectateur sur les méfaits des mafieux, pour lequel un attachement s’opérait. Le metteur en scène récidive pour sa nouvelle production, le narrateur raconte avec nostalgie ce qu’a vécu le magnat de la finance, la narration adoucit la longueur du film et capte l’attention du spectateur dans ses aventures.

L’interprétation de Di Caprio est impressionnante, colérique, joviale ou sous l’excitation dans tous les sens du terme, sa palette scénique est des plus recherchée pour ce type de film. L’utilisation du format anamorphique utilisé par le cinéaste dans son film « A tombeau ouvert » en 1999 permet aux acteurs d’exprimer une aisance et une profondeur dans les scènes jouées, un côté intimiste s’en dégage. La technique permet d’étirer l’image pour couvrir l’intégralité de l’écran, ce qui permet l’absence des bandes noires situées au dessus et en dessous de l’image.

Le réalisateur traverse les années 80-90 avec habileté, les modes vestimentaires et les produits de consommation étalent cette décadence. Les vices sont poussés à un paroxysme pour le spectateur. La drogue, l’alcool, les médicaments et le sexe sont montrés sans complexe. Scorsese est audacieux, il le démontre à nouveau dans ce film. Le brio de Scorsese est de dénoncer le côté malsain de Belfort, habité par un côté néfaste provoquant un impact désastreux sur son personnel et son entourage. Pour ceux qui ont l’habitude de bouder la VOST ( version originale sous-titrée), il mérite amplement d’être vu dans sa version originale pour la subtilité des dialogues. Quant à la bande sonore, elle est concoctée aux petits oignons, rarement une bande son n’a été aussi remuante allant du jazz, de la soul, du rap et du rock. Elle reflète l’image du metteur en scène, fin connaisseur de la musique pour laquelle il a tourné de nombreux documentaires.

Conclusion

Scorsese signe l’une de ses meilleures collaborations avec son acteur malgré les années qui les séparent , une osmose née entre les deux hommes. Le duo parvient à surprendre le spectateur depuis leur première rencontre. Di Caprio se bonifie à chacun de ses films, son interprétation de Belfort est sensationnelle, il insuffle un rythme au film. Les seconds rôles l’épaulent pour créer cette connexion. Mégalomane, détestable, irritable, odieux et pitoyable, le personnage de Jordan Belfort entre dans le panthéon des personnages immoraux du réalisateur. Audacieux, ingénieux et controversé, Scorsese signe avec ce film la claque cinématographique de la fin d’année 2013.

>> En bonus le début du clip Bad de Michael Jackson réalisé par Martin Scorsese

8 commentaires

  1. Une véritable cure de jouvence pour Scorsese ainsi qu’un Leo Di Caprio qui atteint des sommets en se mettant dans des situations scabreuses et complètement folles. Très bonne critique de ta part, nous sommes encore une fois d’accord sur ce point. Bonne continuation.

    1. Le terme de cure de jouvence correspond pleinement à Scorsese. Comme tu as pu le souligner dans ton commentaire, Di Caprio est l’acteur de sa génération. Si la critique te plait, j’en suis ravie et continuerai sur cette voie.
      Merci à toi 🙂

  2. Tout à fait d’accord avec toi. Ce qui ma le plus frappé durant ce film, autre que la prestation de Di Caprio, c’est la qualité des seconds rôles. Avec Matthew McConaughey, même s’il n’est pas très présent dans le film et Jonah Hill.

    1. La qualité des seconds rôles est comparable a celui du Majordome l’année dernière.Matthew McConaughey prouve que c’est un excellent acteur et Jonah Hill s’adapte à un autre registre, leurs prestations marqueront les spectateurs.

  3. Selon moi, ce film n’est pas une apologie du sexe et de la décadence, il dénonce les méfaits qu’il procure. Le film est certes inspiré de la vie de Belfort mais reste une fiction.Intéressez -vous principalement à ce qu’il dénonce en générale. En espérant vous avoir convaincu 🙂

  4. C’est vraiment dénoncer ce milieu selon ses propos et ceux de Di Caprio, il y a eu de vives critiques de la part de la fille de l’un des associés. Di Caprio répond à ce sujet dans le journal Variety dans une interwiew.

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