Abonné à des comédies, Ben Stiller a fait pleurer de rire des spectateurs dans Mary à tout prix jusqu’à son dernier film « Tonnerre sous les Tropiques ». En tant qu’acteur et réalisateur, il s’embarque dans une voie inconnue comme le héros qu’il incarne. Sorti le 1er janvier 2014, son nouveau film « la vie rêvée de Walter Mitty » raconte les aventures d’un homme rêvant éveillé, vivant à côté du monde réel. S’essayant à un registre nouveau, peut-on dire que ce dernier est un tournant dans sa carrière ? 

Auteur

Issu d’une famille de comédien, il a baigné très tôt dans le milieu de la comédie. La vie rêvée de Walter Mitty est sa cinquième réalisation pour le cinéma après Génération 90 (1994), Disjoncté (1996) , Zoolander (2001) et Tonnerre sous les Tropiques (2008). Etant réalisateur et acteur, il est à la fois devant et derrière la caméra sauf pour le film « Disjoncté » où Jim Carrey a le rôle-titre.

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Histoire

Walter Mitty, un homme normal se livre à une vie monotone. Pour y échapper, il s’évade en rêvant à des situations comiques et abracadabrantes. Dos au mur professionnellement, il décide de prendre son destin en main en affrontant le monde réel. Il s’embarque alors dans une aventure fascinante, le poussant à se surpasser et découvrir sa vraie personnalité.

Critique

Un casting remarquable, Stiller endosse le personnage principal. Les seconds rôles sont des acteurs dont l’impartialité aura une adhésion immédiate auprès du spectateur. Tels que Sean Penn, Kristen Wiig, Shirley Mac Laine et Adam Scott. Nombreux viennent de la petite lucarne comme Kristen Wigg, comédienne pour le Saturday Night Live pendant sept saisons, émission pour laquelle l’acteur principal participe au début de sa carrière. Elle joue dans le film « Mes meilleures amies » acclamé par la critique et nommé dans la catégorie « meilleur scénario original » au Oscar en 2012. Adam Scott connait un succès avec la série télé « Park and Recreation » et joue dans de nombreux films (Aviator, En cloque : mode d’emploi). Sean Penn ( L’impasse, Mystic River et Harvey Milk) est une icône du cinéma américain dont la carrière dure depuis plus de trois décennies. Shirley MacLaine (La Rumeur, La Garçonnière et Comme un Torrent) incarne la  longévité, une carrière de plus de 50 films, oscarisée et récompensée au Golden Globe Awards.

La vie rêvée de Walter Mitty est au départ, une nouvelle de James Thunder intitulée « la vie secrète de Walter Mitty », une histoire courte de cinq ou six pages, culte en Amérique publiée en 1939. En 1947, l’histoire est adaptée au cinéma, mettant en scène la star de l’époque Danny Kayle jouant un éditeur embarqué dans une histoire d’amour et d’espionnage.

Dans la version de Stiller, son personnage est laborantin pour le magazine « Life », où il développe les négatifs. Son travail est condamné à disparaître, le réalisateur évoque un monde en transition, le passage de l’argentique au numérique pour la photographie. Un métier proscrit comme le format papier du journal, rappelant vaguement le sort de l’entreprise Kodak adepte de la pellicule depuis des siècles dont la chute est devenue inévitable dans les années 90-2000 avec l’arrivée des appareils photos numériques. En vrai nostalgique, il fait revivre cette période en rendant hommage à ceux qui ont consacré du temps et de l’énergie pour ce métier. Confronté à un avenir professionnel incertain, il décide de reprendre espoir et commencer une nouvelle vie mais cette fois ci-réelle. Son personnage part à la recherche du dernier négatif qui va faire l’objet de la dernière couverture du journal. De cet acte, il va à la recherche d’un photographe. Un voyage initiatique à travers le monde, le poussant à se surpasser et aller au delà de ses limites.

Jouant souvent des personnages perchés dans ses films, le réalisateur mélange les genres avec des scènes d’actions, des moments de recueillement, des instants dans un cadre professionnel et familial ou imaginaires. Il a cependant sa propre identité, un protagoniste à la recherche d’un but ultime.Quant à Sean Penn, l’intrigue du film est ciblée sur son personnage, le choix est à la hauteur de l’attente du spectateur. Il incarne une certaine intégrité comme peut l’être le personnage de Shirley Mac Laine. Kristen Wiig alterne les faces comiques et dramatiques avec une aisance, les scènes en compagnie de Stiller sont hilarantes, s’apparentant à ses sketchs télévisés. Le personnage d’Adam Scott ressemble aux protagonistes ironiques et cyniques joués par le réalisateur, un vrai pied de nez. Le film n’est pas essentiellement une comédie, mais une histoire qui met l’accent sur l’évolution affectif du personnage principal. Un type qui découvre l’inconnu et tente sa chance.

Par respect de l’authenticité, le cinéaste filme dans de nombreux lieux comme le hall du journal Life appartenant au groupe Times-Warner. Life est un magazine photo crée en 1936 et présent en version papier jusqu’en 2009. Une atmosphère fidèlement retranscrite, la vie est présente et fourmillante. La ville de New York devient le lieu des séquences d’actions dans le film. Le protagoniste va se rendre dans des contrées lointaines (Islande, Himalaya et Afghanistan). Endroits de belles rencontres, les paysages sont d’une beauté, montrant des étendues de paysage à couper le souffle, un véritable reportage photographique pour les yeux.

Hommes de l’ombre, le directeur de photographie Stuart Dryburgh (Le Piano) et le superviseur des effets visuels Guillaume Richeron (Batman Begins, l’Odyssée de Pi et Man of Steel) apportent un plus au film.Grâce à leur travail, le héros voit le monde, rencontre l’inconnu et vit les choses pour les partager avec le public. La bande son chemine brillamment le voyage du personnage allant du groupe australien « Of Monsters of Men », Jose Gonzalez et David Bowie, un choix subtil pour les séquences clefs du film.

Conclusion

Habitué au registre de la comédie, Ben Stiller montre un nouveau visage auprès du spectateur. Sa nouvelle expérience en tant qu’acteur et cinéaste lui permet de toucher le spectateur sans exagération, mais de façon émotionnelle. Le réalisateur signe une merveilleuse fable pour laquelle chacun d’entre nous a eu cette aptitude à la rêverie. On voyage, on s’évade, on sort comblé, à voir absolument….

>> En bonus, le lien du journal « Life » et une chanson de la bande originale du film

http://life.time.com/

(3 commentaires)

  1. Tout à fait d’accord avec ta conclusion. Ben Stiller montre véritablement un nouveau visage: à la fois touchant et humain, il est également aussi drôle que dans ces précédents rôles. Le rire provoqué par certaines scènes n’empêche pas d’apprécier les valeurs véhiculées par ce film: vivre sa vie comme on l’entend et non comme les autres nous l’imposent, ne pas avoir peur d’oser et de risquer sa peau dans certaines situations. En gros, une belle leçon de vie !
    C’est intéressant de savoir d’où vient l’histoire de ce film, c’est une super idée de l’avoir mentionné 🙂

  2. C’est totalement ça, une vraie fable ce film, j’ai passé un excellent moment.
    La fameuse scène du bonhomme en caoutchouc est hilarante ainsi que d’autres.
    Tant que nous apprenons ensemble, c’est un plus 🙂

    Merci pour les deux jolis commentaires Valvaraita 🙂

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