Depuis les années 2000, les super héros envahissent les écrans de cinéma, adapté des comics américains, leurs traits ont traversé les âges. Du 6 janvier au 14 février 2014, le centre d’animation Bercy situé dans le 12ème arrondissement, propose une exposition DC Comics avec des planches et couvertures retraçant les origines et l’évolution de leurs plus grands héros comme Batman, Green Lantern, Wonder Woman et Superman. Habitants(es) de Gotham et Métropolis, ce billet va vous raconter l’épopée de ces super héros.

Détective Comics (DC) et Marvel Comics Group représentent les deux plus grosses maisons d’éditions de super héros. DC, initiateur du phénomène des super héros édite Superman, Batman, Flash et Green Lantern a tenu le premier rang jusque dans les années 1970.

L’exposition se décline en plusieurs axes chronologiques que j’utiliserai pour la lecture, mais bon vous semble de l’apprécier autrement lors de votre visite. On distingue quatre à cinq « âges » ou périodes d’engouement pour les super héros : l’Âge d’or de 1938-1956, L’Âge d’argent de 1956-1970, L’Âge de bronze 1970 à 1986, L’Âge moderne 1986 à 2011 et la Renaissance de 2011 à aujourd’hui.

L’Âge d’or de 1938-1956 est inauguré par la présence du premier personnage crée par DC Comics, Superman. Crée en 1932 par Joe Shuster et Jerry Siegel, l’estivant découvre les premières planches et couvertures de sa première apparition dans Actions Comics en 1938, son succès fut tel qu’il se vendu à un million et demi d’exemplaires qu’on lui consacra un an plus tard, son propre magazine. Au départ, les premières aventures étaient prévues par ses auteurs pour paraître dans les journaux mais elles furent réorganisées pour la publication d’un magazine. En 1939, les auteurs profitent pour rajouter quelques pages inédites pour dévoiler les origines du héros. On aperçoit un extrait de la destruction de Krypton mainte fois reprise et inaugurée, pour reprendre et coordonner tous les éléments du mythe datant de 1948.

Les années 40 sont l’émergence des super héros, Superman est rejoint par une quantité de nouveaux personnages. D’abord avec Batman, crée en 1939 par Bob Kane et Bill Finger. Une couverture datant de 1948 revient sur le fruit de la vengeance du riche orphelin Bruce Wayne, les créateurs décident de raconter à nouveau cet épisode en l’étoffant d’avantage. Un récit, plusieurs fois repris, notamment au cinéma dans le premier volet de la trilogie de Christopher Nolan « Batman Begins ». Puis on découvre, une pléiade de super héros comme Flash (1940), Green Lantern (1940) et Wonder Woman (1941).

L’année de la création de Superman inaugure « l’Âge d’or » « Golden Age » des super héros. Cet engouement s’essouffle vers 1945, à l’exception de Superman et Batman, tout les super héros disparaissent en quelques mois pour laisser place aux comics d’horreurs. Le renouveau des super héros, appelé parfois « Âge d’Argent » ou « Silver Age » s’opère en 1961. Certains auteurs retiennent plutôt la date de 1956 avec la reprise du super héros Flash par DC. L’hôte explore cette période allant de 1956 à 1970, remplis de nombreux changements. Au début des années 1950, la plupart des revues de super héros battent de l’aile et seuls Superman, Batman et Wonder Woman maintiennent leur niveau de vente. DC Comics lance alors l’idée en 1954 de faire rencontrer régulièrement les plus grands héros dans un même magazine.

De plus, comme l’explique Thierry Rogiel, auteur de l’ouvrage « Sociologie des super héros », les comics furent soumis à des attaques sur leur supposé « nocivité » pour les enfants, attaques menées notamment par le psychiatre Frederic Wertham qui, dans son livre «  La séduction de l’innocent », rend les comics responsables de la dépravation de la jeunesse et de la montée de la délinquance juvénile. Cela aboutit à la création du Comic code Authority (CCA), une «  charte d’autocensure ». Cet épisode est montré sur une planche montrant Lex Luthor et le Joker devenus des inventeurs farfelus.

Les années 60 sont riches en événements, le visiteur distingue un extrait de Jerry Siegel et Curt Swan sur la mort de Superman étudiées par Umberto Eco dans l’ouvrage « de Superman au Surhomme ». Superman est un personnage dans une situation intermédiaire entre le héros mythique et le personnage quotidien dont le devenir est imprévisible.

D’après l’auteur, les scénaristes vont résoudre cette contradiction en proposant des récits autonomes (donc sans le célèbre « à suivre »), les différentes aventures du héros étant indépendantes les unes des autres mais, se succèdent presque à l’identique et pouvant se lire dans n’importe quel ordre. C’est aussi le renouveau de Barry Allen dit le Flash qui donne le coup d’envoi de l’Âge d’argent. Crée dans les pages du magazine showcase en 1956, il se vit attribué son propre titre, trois ans plus tard. Conçus par Julius Schwartz, Bob Kanigher et Carmine Infantino.

L’Âge de bronze de 1970 à 1986 est une période propice pour une nouvelle génération d’auteurs, de nouveaux genres et l’apparition du graphic novel pour les personnages de Batman et Superman. Le visiteur découvre sur une couverture de 1971, des nouvelles menaces pour Batman avec le magnat du crime Ra’s Al Ghul et sa fille Talia pour lesquels le héros va revenir à ses racines, plus sombres et plus violentes grâce au tandem Dennis O’Neill/Neals Adams qui anticipe la vision darkness développée par Frank Miller (300, Sin City et The Spirit) dans the Dark Knight Returns en 1986.

Sans oublier le film Superman en 1978 et ses suites qui vont faire connaître le héros à une nouvelle audience, mais également redynamiser le « comic book ». Le style des comics books de super héros se fait plus réaliste et Superman va être réactualisé par des auteurs de renoms comme Dennis O’Neill ou Jack Kirby. Les années 1980 sont également celle de la vague anglaise qui déferle sur l’industrie de la BD américaine. Au premier rang de cette nouvelle donne créative se trouvent le scénariste Alan Moore et le dessinateur Dave Gibbons qui révolutionnent les super héros avec Watchmen. Un changement radical aux récits de super héros en présentant des personnages vieillis et imparfaits.

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Les années 70 et 80 vont être celles de la subtilité et de la stylisation appliquées aux comics. Les responsables éditoriaux jouent leur va-tout et s’adressent à un public plus mature, ils ne tergiversent pas à casser les règles et les conventions de la bande dessinée. Par des pages doubles ou des traits jugés non conforme aux règles.

L’Âge moderne de 1986 à 2011 est l’occasion pour l’éditeur de remettre à plat son univers, en rajeunissant ses icônes et en modernisant leur origine, réalisées par des auteurs de premier plan. John Bryne et George Perez reprennent respectivement Superman et Wonder Woman. Les années 90 sont celle des révélations et de la refonde des Super Héros tel que Superman. Les scénaristes écossais Grant Morisson et Mark Millar apposent sur le monde tranquille des comics leur style novateur, agressif et outrancier. Le premier a refondé les univers de Batman, puis de Superman, tout en animant des séries cultes comme les Invisibles. L’autre multiplie les succès avec Ultimates ou Kick Ass.

Les années 2000 sont celle de Green Lantern, longtemps mit dans l’ombre des plus grands super héros, il accède à la célébrité et fait jaillir la lumière sur le grand public, grâce au scénariste en chef Geoff Johns. Les lecteurs font également place aux lectrices et ces dernières deviennent des auteurs influents comme Gail Simone. Wonder Woman, déjà une icône féministe, devient sous sa plume le modèle de toutes les héroïnes en 2010.

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A l’aube d’un retour sur le grand écran, Superman est entièrement remanié par les responsables de DC Comics qui modifient son costume et le rajeunissent.

La Renaissance de 2011 à aujourd’hui se clôture par différentes couvertures et planches de la nouvelle version de la Ligue de Justice. Réalisée par Geoff Johns et Jim Lee, véritables maîtres d’oeuvres de DC, elle mêle à nouveau les têtes d’affiche de la firme aux personnages moins connus comme Cyborg, mi-homme mi machine.

Conclusion

Pour ceux qui apprécient l’univers des comics, cette exposition est très intéressante et donne la possibilité aux novices de le découvrir. La mise en place de planchettes permet au visiteur d’en savoir un peu plus sur les périodes explorées, une mine d’informations. L’hôte n’est jamais perdu dans son exploration, il  traverse le tout comme pour une visite dans un musée. Profitez-en, l’exposition se poursuit jusqu’au 14 février, il serait dommage de ne pas jeter un œil sur cette rétrospective fort sympathique et gratuite.

>> Pour poursuivre l’aventure DC Comics, voici deux livres sur les comics que j’ai utilisé pour la rédaction de l’article. Vous les trouverez dans nos bonnes vieilles bibliothèques parisiennes ou municipales

Sociologie des Super Héros de Thierry Sogiel

Mythes et ideologique du cinéma américain de Laurent Aknin

2 commentaires

  1. Très belle exposition des héros de DC. La plus belle planche pour moi et la représentation de Green Lantern d’où émane une lumière très vive qui éclaire Batman et sa noirceur (image disponible dans la sélection). Je vous conseille d’aller la voir sur place.

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