Située dans le 8ème arrondissement de Paris, la galerie RX est un lieu vivant de l’art contemporain, créée par Eric Rodrigue et Eric Dereumaux. Du 15 janvier au 22 février 2014, Denis Darzacq occupe les deux espaces parisiens où il présentera ses séries de photographies « Hyper » et Recomposition ». Spectaculaire, un projet qui propose une belle métaphore de notre société de consommation, venez découvrir l’univers de cet artiste.

Issu du photo-reportage, Denis Darzacq évoque dans son travail, la question du vivre ensemble en s’interrogeant sur les réalités urbaines, de surcroit, des problématiques liées à l’appréhension des territoires de la cité par les foules, les groupes ou les individus isolés. Depuis plus de 15 ans, il s’interroge sur la place de l’individu dans la cité. Son but est de partir à la rencontre d’univers qu’il connait peu et pourra relier une forme personnelle de proximité. Juxtaposée d’une beauté artistique à une dimension poétique. En 2005-2006, son projet « la Chute » mettait en scène des jeunes de cité populaire qui savaient allier travail et discipline. Et se jouer de la loi de la gravité et de l’apesanteur.

L’exposition est partagée en deux espaces pour la visite de l’hôte. Un premier espace dédié à l’Hyper et le second à la Recomposition.

Dans la première série, l’artiste utilise l’apesanteur des corps en les intégrant à des environnements que sont les hypermarchés. En 2007-2009, une série de clichés illustrait ce lieu de la consommation. Ses sujets sont des jeunes danseurs pour lesquels il suspend l’instant présent avant ou après un contact avec le sol. Les corps sont en perte d’équilibre, indifférents à leur propre chute. L’artiste souligne le paradoxe de la réalité des corps face à l’abstraction des décors : des rayons de moquettes à la couleur « flashy » et les corps flottant dans l’espace.

Le visiteur se demande s’il y a une illusion ou un montage, la réponse est non. L’artiste prend la photographie de façon instantanée pour capturer la spontanéité des sujets. A son temps, Martin Munkacsi (1896-1963), pionnier du photo-journalisme, photographié des sportifs et des danseurs en les capturant en pleine action comme si l’image se figer avec le temps. La présence des corps nous fait penser à ses rêves oniriques, une présence anormale dans un espace où un vent de liberté traverse des allées inanimées. A la vue des photographies, on ressent cette influence de la science-fiction qui n’est pas étrangère.

Pour la seconde série, le photographe pose un regard critique sur la consommation, l’hôte observe des images mentales, elles se fondent sur notre activité visuelle et se combinent à notre propre faculté d’imagination. Composés d’emballages, pièces détachées de mobilier et des éléments issus de la grande distribution présents dans notre réalité matérielle. Conçus par assemblages réels et collages numériques. Les sujets dissimulés deviennent les « patrons » d’un assemblage de mobilier en kit et les emballages en carton sont à la fois parures et protections. Des photographies loufoques et délicieusement intrigantes, le visiteur s’interroge en essayant d’interpréter l’ensemble. Le carton s’adapte à l’espace et autorise la réalisation de formes étonnantes et variées, laissant un libre cours à l’imagination.

Dans les années 70, Frank Gehry, architecte américano-canadien trouvait une technique qui allait permettre de valoriser et commercialiser les meubles en cartons, à la vue de la série, on imagine son œuvre. Un architecte audacieux a qui on doit la Cinémathèque française à Bercy dans le 12ème arrondissement à Paris.

Conclusion

Le travail de Denis Darzacq met en scène une série entre des sujets et des espaces : le corporel et la consommation. En tant que photographe, l’artiste pose son point de vue social sur la jeunesse dans sa première série. Comme il a pu l’évoquer dans une interview pour le journal « Le Monde » en 2009 par la journaliste Claire Guillot, je cite : « Ces jeunes avec lesquels j’ai travaillé n’ont pas de boulot, ils font de stage sous payés… Ils ont bien compris où je voulais en venir. Au quotidien, ils vivent dans une schizophrénie totale entre une absence de moyen et une abondance d’offres ». La seconde série est une magnifique métaphore sur la société de consommation où les objets font partie intégrante du consommateur comme peut l’être un homme sandwich. Des clichés remplis de mystère et d’interrogation mais qui respirent la liberté. Les deux espaces parisiens sont spacieux, une ambiance chaleureuse vous guidera durant votre visite. A voir jusqu’au 22 février 2014.

Site officiel de Denis Darzacq

http://www.denis-darzacq.com

Site de la galerie RX

http://www.galerierx.com

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