Situé dans le 12ème arrondissement de Paris, le Centre d’Animation Montgallet accueille une salle de quartier où sont programmés des concerts, des spectacles pour enfants, des projections et des soirées spéciales. Durant la soirée du vendredi 21 mars 2014, deux artistes Milamarina et Samifati ont eu le plaisir de nous offrir des sets d’une très bonne facture à la Ferronnerie. Retour sur cette soirée musicale où l’enchantement était de mise.

Pour débuter cet événement, la première partie était lancée par Samifati. De formation classique, l’artiste s’intéressait au jazz et au blues puis s’orientait vers le hip-hop. Accompagné d’un violon et de machines électroniques, il nous a préparé un set de 6 titres dont 3 inédits. Pour la mise en scène, il était guidé par un vidéocaste qui projetait des vidéos sur une toile en les synchronisant avec la musique.

Le premier titre «Musette» mettait en scène une succession de vidéos où s’affichait des danseuses du siècle dernier en les projetant sur une toile. Un face à face s’amorçait entre l’artiste et le vidéocaste pour lancer le morceau. Avec sa boite à rythme, le hip-hop s’entremêlait à une boucle d’accordéon. Le violon prenait le relais de façon spontanée tout au long du morceau. Une alchimie parfaite existait entre les sons électroniques et classiques, produisant un résultat assez surprenant. L’alternance entre le violon et les machines était maitrisée malgré les problèmes minimes de balance. La mise en scène fut astucieuse pour ce début de programme.

Les deux titres «Pause» et «Newton» annonçaient la nouveauté. Des compositions dans la lignée du titre précédent, les machines posaient des sonorités électroniques accompagnées de gros battements sur lesquels le violon se baladait sur les deux chansons. Les animations s’inspiraient profondément des titres joués. «Introspections» débutait avec un tempo lancé par les battements de batterie ensuite d’un synthétiseur et des altérations provenant d’une harmonica. Une interjection se glissait dans la structure musicale en s’accompagnant de claps. La musique s’accélérait en dérivant vers une résonance dub step, le solo de violon fut splendide dans cette composition. Une belle rotation entre les passages lents et rapides qui permettaient une bonne graduation musicale.

«Lotus», la troisième nouveauté se rapprochait des compositions de Flyting Lotus ou J Dilla par l’utilisation d’une voix pitchée et des claquements ou « claps ». Le solo de violon restait efficace, l’exercice rendait un bel hommage au hip-hop assez friand de la technique du sampling. Une seconde fois, la mise en scène était exécutée d’une manière parfaite, un bel essai visuel et musical.

Le dernier morceau «U» mettait la boite à rythme dans tous ses états, un sample oriental (indien) évoquant les compositions du producteur Timbaland. Le violon se glissait dans cette ambiance avec un certain délice, un hochement de tête se produisait littéralement à l’écoute de cette composition. Pour clôturer le set, les artistes ont disparu quelques instants tout en laissant la musique s’exécutait pour interagir avec le public en projetant une vidéo sur la toile. Tels des magiciens, ils apparaissaient à nouveau pour saluer le public sous les applaudissements mérités de la salle.

Symbole d’une scène rémoise talentueuse, Milamarina harpiste et auteure-compositrice-interprète a plongé le spectateur dans un univers pop-électro en s’associant avec sa harpe, une batterie et des machines. Le public a eu droit à un set de 9 titres dont 4 nouveautés issues de son premier album «Pull» qui sortira au mois d’avril 2014.

Le set commençait par le morceau «I Like», l’artiste s’associait à son instrument fétiche « la harpe » portée par une voix mélodieuse. La mise en scène s’exécutait dans une demi pénombre, seul l’instrument et l’artiste étaient éclairés. Une ambiance digne d’un film de Tim Burton, le maniement des cordes fut gracieux, un titre très enchanteur.

«Unfreeze» s’engageait sous un départ épique mené par les battements de la batterie et un fond sonore exhumant un orgue. La voix ensorceleuse effectuait des envolées lyriques accompagnées par la harpe, certains passages étaient susurrés. Le morceau se déclinait vers des retentissements plus électro à la fin. Les jeux de lumières demeuraient réussis au niveau de la mise en scène.

Sur le titre «Pull», la voix claire de Milamarina se croisait à des rythmes tribaux lancés par la batterie. Les accords de la harpe donnaient cette sensation d’un appel vers l’inconnu. L’artiste manœuvrait totalement les changements de tempos, un pur régal. «Dust it off», la reprise du groupe « The Do » ébauchait un solo de harpe tenu par une voix harmonieuse, une belle reprise proposée par la harpiste.

Pour «Ouh», l’artiste utilisait sa tablette musicale pour faire découvrir la chanson au public. Un prélude de harpe conduisait une mélodie sortie tout droit d’une boite à musique. La voix se calquait à l’ensemble relayé par la batterie et les machines qui se glissaient sans conséquence avec le titre. Des choeurs atmosphériques et l’apparition d’un orgue pour clôturer le titre. «The Lost Young Boy’s Song» était suivie d’une voix enchanteresse et des accords de harpe, invitant le public à s’embarquer dans ce monde fantastique où des sons d’oiseaux provenaient d’une forêt enchantée.

«Everything is Done» était une chanson écrite par son père, une continuité du répertoire présentait durant la soirée. «Stranger» provoquait cette sensation de mystère, la voix de Milamarina jouait avec cette ambiance énigmatique. Une mention spéciale au batteur, le public a eu l’opportunité d’assister à un beau numéro de virtuosité, son rôle de métronome fut maîtrisé tout au long du morceau. La longue acclamation du public s’exécutait pour la remercier de sa performance et de celle de son équipe. Puis sous cet engouement, elle revient pour interpréter un dernier rappel.

«Soon» remettait au jour l’utilisation de la tablette musicale. Des notes de synthétiseur, une voix touchante remplie de mélancolie, le public ne pouvait que savourer cet instant musical pour cette fin de soirée très réussie.

Conclusion

Une soirée sous le signe de la découverte, le premier artiste Samifati proposait une belle alchimie entre le violon et les machines. Dans un univers musical, où de belles boucles sonores hip-hop et électro étaient illustrées par un set vidéo ingénieux. Milamarina suggérait un univers pop aux sonorités électroniques. Un beau voyage musical pour lequel le spectateur a pu se promener dans ce monde imaginaire dans la lignée d’une Emily Loizeau ou Danny Elfmann, compositeur attitré des films de Tim Burton. Violon, harpe, batterie, synthétiseur et machines ont ensorcelé notre ouïe pour les deux performances. La qualité des deux sets était au rendez-vous, c’est avec un grand plaisir que je vous propose de découvrir les deux artistes. Un grand merci au centre d’Animation Montgallet pour ce bel événement musical et leur accueil chaleureux.

Le clip « Pull » de Milamarina

Le clip « Musette » de Samifati

Pour suivre l’actualité du Centre d’Animation Montgallet

facebook.com/LaFerronnerieMontgallet

Milamarina

http://www.milamarina.com

Samifati

http://www.samifati.com

 

 

un commentaire

  1. Très belle découverte pour ma part de ces deux artistes qui utilisaient un violon et une harpe, des sonorités appréciées par mon ouïe. Et comme tu le dit plus haut, une excellente performance du batteur de Milamarina.

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