Dans un futur proche à Los Angeles, nos chères oreillettes ont substitué les smartphones mais les déceptions amoureuses font toujours partie de notre quotidien. Sorti le 19 mars 2014, le nouveau film de Spike Jonze raconte l’histoire de Theodore Twombly (Joaquin Phoenix), un écrivain de lettres manuscrites, en pleine procédure de divorce, devenu dépressif. Jusqu’au jour où il fait la connaissance de Samantha (Scarlett Johansson), un nouvel operating system à l’intelligence artificielle. Commence alors une histoire d’amour virtuelle aux sentiments devenant réels.

Auteur

Passionné de skate et BMX, Adam Spiegel dit Spike Jonze commence sa carrière en tant que photographe pour le magazine de BMX «Freestylin». Plus tard, il matérialise des courts-métrages et des videoclips pour les Beasties Boys (Sabotage), Weezer (Buddy Holly), Bjork (It’s oh quiet), Fatboy Slim (The Rockfeller Shank) et les Daft Punk (Da Funk). Avec le film Her, il réalise son quatrième long métrage : Dans la peau de John Malkovitch (1999), Adaptation (2002) et se lance dans la réalisation du livre pour enfants «Max et les maximonstres» de Maurice Sendak en 2005.

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Histoire

Dans la ville de Los Angeles, Theodore Twombly traîne les séquelles d’une rupture difficile. Pour oublier, il décide de se doter d’un nouveau programme informatique doué d’une intelligence intuitive : une histoire d’amour nait entre Samantha et lui.

Critique

Le casting de Her s’articule autour du personnage principal tenu par Joaquin Phoenix et la voix du système d’exploitation interprétée par Scarlett Johansson. Dans les années 90, l’acteur est remarqué dans la comédie noire de Gus Van Sant «Prête à tout» (1995) avec Nicole Kidman. Ensuite en 2000, sa carrière prend de l’ampleur avec deux films : Gladiator (Russel Crowe) et The Yards où il partage l’affiche avec Mark Walhberg, Charlize Theron et James Caan. En 2005, il interprète le chanteur de country américain Johnny Cash pour le film «Walk The Line», il obtient un Golden Globe pour sa performance. Il poursuit son ascension en tournant dans «La Nuit nous appartient» (2007), Two Lovers (2008), I’m Still Here (2010), the Master et the Immigrant (2012). Quant à Scarlett Johanson, elle est devenue une valeur sure du cinéma américain. En 2003, son interprétation de Charlotte fut remarquée dans Lost Translation (2003) de Sofia Coppola. Elle tourne deux films d’époque: La jeune fille à la perle (2003) et Deux soeurs pour un roi (2008). Ultérieurement, elle joue dans le trilogie de Woody Allen : Match Point (2005), Scoop (2006) et Vicky Christina Barcelona (2008). L’actrice sait diversifier son registre en s’orientant vers l’adaptation de comics pour The Spirit (2008), Iron Man 2 (2010), Avengers (2012) et Capitaine America, le Soldat de l’hiver (2014).

Les seconds rôles restent soignés avec Amy Adams (Arrête-moi si tu peux, Figher, Man of Steel, American Bluff), Chris Patt, l’une des stars de la série «Parks and Recreation» est apparaît dans le Stratège (2010) et Zero Dark Thirty ( 2012) de Kathryn Bigelow. Puis s’ajoute Rooney Mara (The Social Network, Millenium, Effets Secondaires), Olivia Wilde (Rush,Tron l’Heritage) et Sam Jaeger l’acteur des séries «Parenthood» et «Eli Stone». Les seconds rôles se glissent parfaitement à l’ambiance du film, un choix assez efficace malgré la brève apparition de certains d’entre eux.

Depuis une dizaine d’années, le scénario de «Her» a germé dans la tête du réalisateur. Tout commença par la lecture d’un article sur un programme d’intelligence artificielle. Curieux, il décide de se connecter à ce système et commence à discuter avec. Progressivement, il prend conscience que l’ordinateur sait l’écouter mais son intelligence reste assez limitée. De là, il se demande ce qui se passerait si le logiciel devenait plus sensible et développait des sentiments amoureux.

Le film évoque une relation virtuelle aux sentiments réels, mais qui dépassent nos personnages. Le cinéaste filme cette solitude moderne, pour laquelle les êtres humains essayent de remonter la pente face à un événement difficile. L’imagination et la mise en scène permettent à Spike Jonze, une réelle réflexion sur notre société où la dépendance et la paranoïa sont courantes. La démarche du réalisateur est une vraie remise en question des formes narratives pour cette histoire d’amour inclassable.

L’histoire racontée est celle d’un pessimiste vivant dans une bulle où une intelligence artificielle matérialisée par la voix de Samantha (Scarlett Johansson) lui redonne goût à la vie. Nos deux personnages évoluent au fil de leurs discussions et tombent amoureux. Dans la peau de John Malkovitch, le personnage central était l’acteur, pour son dernier film le réalisateur conserve cette idée, en revanche, il garde exclusivement une voix celle de Samantha. Un personnage sans aspect physique mais, qui peut communiquer avec Theodore via son téléphone ou son ordinateur, Jonze s’interroge sur l’importance de l’acteur au cinéma. Lors des faces de dialogue avec Scarlett Johansson, Joaquin Phoenix est constamment seul. Sa performance est élogieuse, car il fait ressentir son histoire d’amour au public. Il s’imprègne parfaitement de son rôle : il mime les gestes, les attitudes et les regards. La prise de vue avec la camera subjective (une technique pour laquelle on ne voit jamais le personnage) procure une sensation d’hypnose auprès du spectateur, car il se concentre sur la voix de l’actrice et les objets qui permettent de l’identifier comme le téléphone. Tout au long du film, la synchronisation des dialogues restent irréprochables.

L’ambiance de Her est unique par son esprit rétro au niveau du style vestimentaire :  le personnage de Théodore porte une moustache, des pantalons tailles hautes et des chemises sans col mais navigue dans un monde informatique très avancé. Le directeur de photographie Hoyte Van Hoytema a crée une teinte spéciale pour les séquences filmées dans lesquelles les couleurs chaudes (rouge et rose) se démarquent. Les intérieurs baignent d’une lumière naturelle, la nuit et le jour sont brillamment reconstitués. Pour retranscrire cette ville de Los Angeles, les lieux choisis sont des quartiers d’affaires asiatiques avec des passerelles pour piétons qui supplantent les axes routiers. Gratte ciels, rues larges, métropolitains et ascenseurs font partie de l’environnement du film.

Pour la composition de la musique, le cinéaste s’est dirigé vers le groupe montréalais Arcade Fire. Win Butler, le leader du groupe réalise une bande son remplie de belles compositions : calmes, reposantes et voyageuses. Les notes de piano s’accompagnent admirablement aux séquences à mi- chemin entre cet esprit mélancolique et solidaire du personnage principal.

Conclusion

Spike Jonze livre une histoire d’amour insolite entre Joaquin Phoenix et la voix sensuelle de Scarlett Johansson. Le réalisateur torture l’imagination du spectateur pour laquelle l’immersion est totale. Elle permet une nouvelle exploration dans la narration et renouvelle le schéma classique des comédies romantiques. Une œuvre fascinante…..

En bonus la chanson « The Moon Song » de Karen O

 

 

 

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