Située dans l’Hôtel d’Ecquevilly, le nouvel espace de la Galerie Perrotin propose l’exposition « GIRL », currated by Pharrell Williams, elle rassemble 49 œuvres dont 12 spécialement produites pour l’exposition. 37 artistes parmi 18 femmes se sont réunies pour rendre hommage à la femme à travers leur œil artistique.

En 2007, Emmanuel Perrotin rencontre Pharrell Williams à Miami et lui propose de réaliser son premier objet design. Sept ans plus tard l’exposition « GIRL » voit le jour, le chanteur devient commissaire pour la Galerie à Paris. Les 49 œuvres dont la coordination a été confiée à Ashok Adicéam, nouveau conseiller à la Galerie Perrotin, célèbrent la femme avant tout libre, libérée par les artistes avec leur imagination sans contraintes, ni limites !

Dans une première salle, le visiteur découvre cinq travaux du collectif Guerillas Girls fondé par Frida Kahlo et Kathe Kollitz dans la lutte contre le sexisme et le racisme dans le monde de l’art. En 1985, les Guerillas Girls voient le jour scandalisé par une exposition du Museum of Modern Art de New York « An International Survey Of Painting and Sculpture » où sur les 169 artistes exposés, on ne comptait que 13 femmes. Le choix de pseudonyme avec des noms d’artistes décédés et le port de masques de gorilles, témoignent de l’humour décalé et de la dérision dont fait preuve le collectif en jouant avec les mots pour mieux jouer de leur image.

Daniel Firman complète la première salle avec son œuvre intitulée « Caroline », elle s’inscrit dans son projet « La Matière Grise ». Devenu un élément visible au sein de la salle, le modèle s’appuie contre une cloison en intervenant comme une sorte de repère. Elle applique une surveillance au même titre que les individus dans un musée qui observent les mouvements des uns et des autres.

Dans la seconde salle, on retrouve les travaux des artistes tels que JR, Annette Messenger, Takashi Murakami, Laurent Grasso, Marina Abramovic, Jean Michel Othoniel et Guy Limone

Dans le cadre des New-York City Ballet art séries, l’artiste JR avait proposé une installation qui couvrait le sol du David H. Koch Theater de New York avec d’immenses photos de danseurs du ballet. Inspirée de cette série, l’hôte découvre une commande inédite pour l’exposition.

Influencée par le courant surréaliste et le mouvement féministe des années 70, Annette Messenger créée des œuvres qu’on appelle des matériaux pauvres. Pour sa création, elle utilise de l’encre de chine pour réaliser son dessin et inscrire le juron « salaud ». Son univers fait référence à l’art populaire, à l’image infantile, au monde des fantasmes et du fantastique.

Considéré comme l’investigateur du mouvement superflat (mélange d’animé et de manga), Takashi Murakami présente deux tondos (composition de peinture réalisée sur un support de format rond ou à l’intérieur d’un disque) à l’effigie de l’artiste Pharrell Williams accompagnée de son épouse Helen. La scénographie des toiles se compose d’une image fixe et une multitude de détails comme des fleurs et des yeux (Jellyfish Eyes).

En se baladant dans la salle, on découvre une installation crée par Jean Michel Othoniel. L’oeuvre instaure un climat féerique réalisé à partir de la matière précieuse et onirique : le verre. Elle représente un collier monumental couleur émeraude. Peintre à la base, Guy Limone propose 312 figurines peintes qui forment le leitmotiv de l’exposition « Girl ». Posé en rang, il aligne sur cette toile jaune , de minuscules figurines peintes à la main.

Le plasticien Laurent Grasso soumet avec son tableau « Lost Queen » by Pharrell Williams, de brouiller le rapport au temps et à la temporalité en interrogeant la perception de l’hôte dans une situation historique et mythologique, contenant un potentiel esthétique et fictionnel. On y voit le chanteur dépeint en Napoléon découvrant l’Amour en déesse de l’Egypte ancienne. La galerie profite pour raconter la tension créative dans la relation homme-femme. La photographie de l’artiste Marina Abramovic « Rest Energy with Ulay » met en scène l’artiste Ulay qui tend un arc chargé d’une flèche dirigée vers le cœur de Marina, seul le poids de leurs corps maintiennent la tension.

Au sous sol, on découvre des productions artistiques de l’artiste japonais Mr, Ryan McGinley, Terry Richardson, Tracey Emin et Xavier Veillan qui jonchent les escaliers avant d’accéder aux dernières salles de l’exposition.

L’artiste Mr joue avec la représentation hyper-sexualisée des jeunes présentes dans la culture otaku (technologie, science fiction, manga, animé et jeux vidéo) ainsi Pharrell devient le personnage central du tableau.

La nouvelle icône de la scène artistique new-yorkaise, Ryan McKinley expose l’un des clichés de sa série « Body Loud » à la lumière vaporeuse. Puis le sulfureux Terry Richardson est son style provocateur se montre avec le fameux « Eat Me ».

Issu de la scène graffiti, Kaws utilise les icônes de la culture pop ( les Simpsons, Bob l’Eponge et les Schtroumpfs). On découvre le personnage de la série Peanuts « Lucy Van Pelt » aux yeux en forme de croix. Artiste visuel, Xavier Veilhan suggère un personnage modélisé en utilisant la technique de captation 3D où il rend compte des possibilités de représentations avec son œuvre sculpturale tout en ajoutant cette idée de perception de l’image.

L’une des deux dernières salles soumet des œuvres allant de Johan Creten, Daniel Arsham, Chiho Aoshima, Aya Takano, Gregor Hidlebrandt, Rob Pruitt à Andy Warhol.

Johan Creten a conçu deux bustes de Venus à l’antique, recouverts de roses. Elles attirent le regard par leur beauté et le pastillage de toutes les fleurs. Daniel Arsham érige une sculpture du chanteur en simulant des formes humaines très réalistes en utilisant des éclats de verre. Andy Warhol s’expose avec le portrait de l’artiste Judy Garland, une sérigraphie sur papier.

Appartenant au collectif «KaiKai Kiki», Chiho Aoshima suggère deux poupées s’inspirant de l’univers manga et Aya Takano baigne dans un univers fantastique avec des femmes-enfants longilignes aux grands yeux accompagnés d’insectes dans le décor de la toile.

La liste des projets produits pour l’exposition s’agrandit avec le sofa « Studio Loveseat » et les deux portraits de Marilyn Monroe de Rob Pruitt, sans oublier la réalisation de  Gregor Hildebrandt au laser sur granit

La dernière salle expose des travaux de nombreux artistes comme Yoko Ono, Germaine Richier, Agnès Thurnauer et Mickalene Thomas.

Evoquant la performance de Yoko Ono en 1964, le projet « Cut Piece » invitait le public à découper ses vêtements à l’aide de ciseaux, en faveur de la paix dans le monde. Référence de la sculpture, Germaine Richier rapporte son œuvre à l’être humain et à la possibilité de lui donner une forme plastique appropriée.

L’artiste Agnès Thurnauer interroge la peinture et ses sujets, elle dialogue avec les peintres. L’écriture recouvre entièrement la surface du tableau de Gustave Courbet « l’Origine du Monde » par un nuage de mots sur le corps nu du modèle. Face à cette imposante peinture dénudée, la peintre oppose les écritures des prénoms féminins à celle des noms de famille de peintres masculins.

En ce qui concerne la capacité à surprendre, elle caractérise le mieux, l’artiste Paola Pivi. La photographe développe une proposition qui confronte le spectateur à une situation déroutante. Elle expose le réel en générant des situations et des images absurdes. Tandis que le portrait de l’artiste Qusuquzah par Mickalene Thomas examine la caractérisation populaire de l’identité féminine noire. Son travail montre la relation de la femme noire à l’histoire de l’art et de la culture. Le modèle s’affiche à proximité d’un mur en bois avec le port d’un chapeau jaune en paillette et un ensemble fleuri.

Conclusion

« GIRL » curated by Pharrel Williams poursuit le dialogue créatif de l’amateur d’art avec les artistes qu’ils admirent. Devenu commissaire, la sélection effectuée permet de découvrir de nombreux artistes de l’art contemporain qui se sont réunis pour rendre un bel hommage aux femmes à travers leur regard artistique. Le nouvel espace de la Galerie Perrotin s’adapte parfaitement à l’événement : la circulation des visiteurs s’effectuent agréablement et les œuvres sont bien agencées. L’exposition est gratuite et se poursuit jusqu’au 25 juin 2014.

GIRL currated by PHARRELL WILLIAMS

Jusqu’au 25 juin 2014

Galerie Perrotin/ Salle de Bal

60, rue de Turenne

75003 Paris

Du mardi au samedi de 11h à 19h

Entrée Libre

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