Après le succès de Pulp Fiction, Quentin Tarantino prend à contre-pied les spectateurs avec Jackie Brown. Adapté d’un roman d’Elmore Leonard «Punch créole», le film est moins violent que son prédécesseur, l’intrigue est classique et les personnages rendent un bel hommage à la «Blaxploitation».

Résumé du film

Jackie Brown (Pam Grier), une hôtesse de l’air travaille pour une compagnie aérienne miteuse, elle arrondit ses fins de mois en convoyant de l’argent pour un trafiquant d’armes Ordell Robbie (Samuel L Jackson). Arrêtée par la police, elle refuse de donner le nom de son commanditaire. Mais Ordell soupçonne Jackie d’avoir parlé et décide, avec la complicité de Max Cherry (Robert Forster), un prêteur sur gages, de lui rendre visite afin de s’assurer définitivement de son silence. Après avoir résisté à Ordell grâce à l’arme qu’elle a volée à Max, Jackie décide de tromper son monde en concoctant un plan machiavélique. Elle s’assure de la collaboration de la police puis propose à Ordell d’effectuer un dernier convoyage…

Les producteurs

La bande originale du film «Jackie Brown » est produite par Quentin Tarantino et Lawrence Bender. Ce dernier a collaboré avec le réalisateur sur Reservoir Dogs (1992). Comme de nombreuses bandes sons de Tarantino, une variété de genres musicaux sont déployés, ceci s’ajoute à des dialogues issus du film.

La composition de la bande originale

Across 110th Street de Bobby Womack
« Beaumont’s Lament » (Dialogue entre Samuel L. Jackson & Robert De Niro)
Strawberry Letter 23 de The Brothers Johnson
« Melanie, Simone and Sheronda » (Dialogue entre Samuel L. Jackson & Robert De Niro)
Who Is He (And What Is He to You?) de Bill Withers
Tennessee Stud de Johnny Cash
Natural High de Bloodstone
Long Time Woman de Pam Grier
Detroit 9000 (Dialogue Council Cargle)
(Holy Matrimony) Letter to the Firm de Foxy Brown
Street Life interpretée par Randy Crawford
Didn’t I (Blow Your Mind This Time) des The Delfonics
Midnight Confessions des The Grass Roots
Inside My Love de Minnie Riperton
Just Ask Melanie (Dialogue entre Samuel L. Jackson, Robert De Niro & Bridget Fonda)
The Lions and the Cucumber de The Vampires Sound Incorporation
Monte Carlo Nights de Elliot Easton’s Tiki Gods

Tarantino est l’un des rares cinéastes à rendre hommage à des classiques de la musique par l’exemple du film Reservoir Dogs. Un long métrage où la bande son fait partie du succès du film comme si le réalisateur lançait un juke-box durant l’intégralité du film. Troisième long métrage de Tarantino, Jackie Brown explore le même chemin que ses consoeurs en rendant hommage cette fois ci aux films de blaxploitation avec des personnages hauts en couleur et l’ajout d’une romance. La bande originale comporte des dialogues issus du film qui s’ajoute à une collection de musique soul-funk et pop-rock des années 70 à 90 très rafraîchissante et nostalgique.

Les producteurs ont pris le soin de choisir des perles de cette âme musicale avec en chanson d’ouverture le titre Across 110th Street (1972) de Bobby Womack présent dans le film du même titre avec Anthony Quinn, la voix profonde de l’artiste est devenue un classique. A la base, Strawberry Letter 23 (1977) des Brothers Johnson est écrit par Otis Shuggie. La version du groupe penche plus vers un style disco-funk tout en ajoutant le solo de guitare composé par Lee Ritenour.

La scène d’ouverture de Jackie Brown, une belle illustration pour rendre hommage à Bobby Womack décédé cet été…

Maintes fois repris, Who is he (and what is he to you)? (1972) de Bill Withers fait honneur à l’un des plus célèbres représentants de la musique soul et l’un des plus repris.Se tournant vers la musique soul des années 70, le réalisateur n’hésite pas à ajouter une touche folk avec Johnny Cash sur le titre Tennessse StudNatural High (1973) du groupe Bloodstone est le premier single et le titre éponyme de leur second opus, écrit par le groupe et le bassiste Charles Mc Cormick Un savant mélange de soul et de pop où le chant mélodieux du chanteur s’accompagne à la perfection avec la batterie et la basse.

Tarantino et Bender n’hésitent pas à faire un clin d’oeil à leur actrice principale sur deux chansons : Long Time Woman (1971) et le single (Holy Matrimony) Letter to the Firm (1996) de la rappeuse américaine Foxy Brown. En 1971, Pam Grier interprète la chanson « Long Time Woman » dans le film «  The Big Dollhouse » sur des femmes qui purgent des peines à perpétuité dans une prison tropicale. Le nom de scène de la rappeuse fait référence au film « Foxy Brown » datant de 1973. Dans ce film, le rôle-titre est incarné par Pam Grier. Le personnage est une femme au fort caractère qui veut venger la mort de son grand-père éboueur, tué par un gangster. Un film qui a fortement influencé des réalisateurs tel que Quentin Tarantino.

Pour compléter sa playlist, les réalisateurs ajoutent une nouvelle flopée de classique. Le tube planétaire du groupe « The Crusaders » avec le titre Street Life (1979) où la voix de Randy Crawford, le style jazz funk et le clavier électrique du regretté Joe Sample décédé en septembre dernier ont traversé les décennies. En 1969, les Delfonics sortaient Didn’t I Blow Your Mind This Time, produit par Thom Bell et publié sur le label Philly Groove. Considéré par les spécialistes comme l’une des meilleures chansons soul provenant de Philadelphie.

Résultant de son album « Adventures in Paradise », la chanson sensuelle Inside My love (1975) de Minnie Ripperton est omniprésente. Une voix connue pour son registre vocal de quatre octaves et demi. Midnight Confessions (1968) du groupe rock psychédélique américain «The Grassroots» est le plus grand hit de la formation mêlant choeur, basse, batterie et orgue sur une seul morceau : une pépite.Emanant de la bande originale du film « Vampyros Lesbos » du cinéaste espagnol Jesus Franco en 1970. Le morceau «The Lions and the Cucumber» à l’atmosphère rock psychédélique est signé par Siegfried Schwarb et Manfred Hubler. L’opus se conclut avec le groupe Elliot Easton’s Tiki Gods sur le morceau Monte Carlo Nights (1995). Des riffs de solo de guitare, un son en réverbération rappelant les années 60 avec Ennio Morricone et Dick Dale (BO de Pulp Fiction sur le morceau Miserlou). Le titre du groupe évoque un univers musical en collision avec le western et les films consacrés au surf.

Conclusion

Les deux producteurs font renaître de leurs cendres des classiques de la musique soul et pop rock. Tarantino prouve à nouveau qu’il est un fin connaisseur de la bonne musique comme il a pu le démontrer avec Reservoir Dogs et Pulp Fiction Des sons oldies familiers pour une bande son où l’expérience musicale est très plaisante. De plus, nombreux titres choisis dans ses bandes originales sont très souvent utilisés pour des spots publicitaires ou des émissions télévisées.

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