Au cours de la soirée du 4 octobre 2014, la Nuit Blanche m’a permis de découvrir une programmation riche au fil d’un itinéraire parisien dans le 13ème arrondissement où le street art a déposé ses bagages pour le plaisir des curieux.

La Nuit Blanche est une manifestation artistique annuelle qui se tient toute la nuit. Elle propose gratuitement au public l’accès à des musées et des installations artistiques dans des lieux de la capitale.

Au programme : je me suis rendu dans le 13ème arrondissement où des performances artistiques, des messages et des graffitis faisaient partie du décor. Le public suivait une ligne bleue au sol pour rejoindre les différentes installations.

De nombreux artistes (YZ, Borondo, l’Atlas, Cedric Bernadotte, Spy, Tristan Eaton, Thomas Canto) ont transformé la rue du Chevaleret (13ème arrondissement) et ses alentours en galerie d’art à ciel ouvert. Certaines œuvres resteront dans l’environnement pour le bonheur des amateurs.

Borondo est diplôme des Beaux-Arts de Madrid. Il a vite imposé son style très particulier en mêlant classicisme et modernité de même que ses œuvres monumentales affichées dans nombreuses villes européennes.Sur le mur de la rue du Chevaleret, l’artiste a installé des grandes silhouettes humaines qui semblaient émerger du bâtiment. Borondo domptait les techniques traditionnelles comme le fusain qu’il a transposé sur le support mural.

Peintre, photographe et vidéaste, L’Atlas est né et vit à Paris. Fidèle à l’essence de la calligraphie, il intègre les ressources de l’art optique.L’artiste fascine par le travail du trait et de l’écriture, il débute le graffiti dans les années 90 avant de partir étudier la calligraphie arabe traditionnelle au Maroc, en Égypte et en Syrie. Il a un certain intérêt au koufi (écriture géométrique) dont il transpose les codes dans l’alphabet latin, créant ainsi sa propre typographie. Pour la Nuit Blanche, il l’a décliné en mode persienne sur le mur de la rue Domrémy.

Né et résidant à Berlin, Jan Vormann est l’initiateur du projet Dispatchwork présent dans une quarantaine de villes et se poursuit jusqu’à la Grande muraille de Chine. Le but de l’artiste est de « reconstruire » ou « réparer » des murs délabrés avec un matériau rappelant l’enfance: la brique de Lego multicolore. Il a su prescrire une cure de jouvence aux murs, façades ou escaliers de la rue du Chevaleret pour enchanter les adultes et de nombreux enfants présents durant la soirée.

Né à Bourges, Cédric Bernadotte intervient depuis la fin des années 90 dans l’espace public. Avec son projet «Réappropriations urbaines»,Cédric Bernadotte bouleversait notre manière de vivre et notre avis sur la ville et l’environnement urbain. En s’aidant de cellophane ou de scotch, il transformait le mobilier urbain existant en bancs, fauteuils, hamacs ou balançoires provisoires. Hier, il a réalisé une installation monumentale autour du porte-à-faux de la Bulac-Inalco.

«I’m not a real Artist», voici ce qui s’affichait tout au long du mur d’un immeuble. Spécialiste du happening urbain, l’artiste Spy a posé cette phrase en lettres phosphorescentes au 73 de la rue du Chevaleret. Il intervient dans l’espace public depuis les années 80, et commence avec le graffiti avant de détourner affiches et mobilier urbain, qu’il transforme ou reproduit de manière ironique ou décalée avant de les réintégrer dans la rue. Ses interventions portent une dimension ludique tout autant que politique qui interpellent le citadin en lui proposant une autre perception de son environnement.

Né à Los Angeles et formé à la School of Visual Arts de New York, Tristan Eaton est l’une des figures du Street Art américain. Ses œuvres figurent notamment dans les collections permanentes du MOMA, à New York. Pour sa première intervention en France, le muraliste américain Tristan Eaton a investi un mur-pignon de la rue du Chevaleret sous la forme d’un patchwork monumental, inspiré par la pop, les codes de la science fiction, du cinéma, de la publicité ou des comics.

Quant à Thomas Canto, il a investi la ville comme un matériau. Le projet «Perspective Lines » invitait le spectateur dans une composition dynamique et multidimensionnelle à l’entrée du tunnel de la rue Watt.

Née à Daytona Beach (Floride), Swoon est diplômée du Pratt Institute de Brooklyn. Ses œuvres figurent notamment dans les collections du MoMA et du Brooklyn Museum of Art à NewYork. Artiste d’envergure internationale, elle est une spectatrice engagée et humaniste du monde. Détentrice d’un technique particulière à base de gravure sur linoléum et d’impression sur mylar (fibre plastique) ou papier recyclé, elle donne à ses travaux un style immédiatement reconnaissable. Pour le parcours, elle transforma l’ancienne Gare Masséna avec ses figures-totem (Dawn et Gemma), des images illustrant la maternité.

Situé au 55 boulevard Vincent Auriol ou face au 133, rue du Chevaleret, La Halle Freyssinet permettait à Jef Aérosol et une dizaine d’artistes de street art (Brusk, Dan 23 et Florian Marco) d’assiégeaient cette espace immense. Ils ont eu carte blanche pour investir les alcôves de la Halle à coup des bombes aérosols et pochoirs à la main.

Jef Aérosol est un artiste pochoiriste français issu de la première vague de street art du début des années 80 : une figure incontournable du mouvement français.

Née en Italie, Esther Stocker a étudié à Vienne, Milan et Pasadena. Elle travaille sur la perception spatiale et la vision optique en s’appuyant sur les mathématiques et les nouvelles technologies.Artiste de renommée internationale, Esther Stocker a investi la halle Freyssinet, chef-d’œuvre de l’architecture ferroviaire des années 20. Héritière de l’abstraction géométrique, du Gruppo T et de l’Op Art des années 60, elle s’approprie l’une des nefs de la halle pour créer son propre espace structurel. Son projet permettait de créer un jeu d’optique abstrait et géométrique tout en découvrant l’architecture de ce bâtiment gigantesque prochainement transformer en un immense incubateur.

Conclusion

Un réel plaisir d’avoir pu me rendre à cette nouvelle édition de la Nuit Blanche. Des artistes connus et inconnus pouvaient se joindre à un projet commun dans le 13ème arrondissement par l’exemple du Street Art. Petits et grands étaient émerveillés de découvrir cet art « marginalisé » à une époque, par le biais de nombreuses installations artistiques, graffitis et messages. Cette nuit du 4 octobre 2014 fut très enchanteresse pour les amoureux de balades artistiques sur Paris.

Les liens des  artistes

Borondo

http://borondo.blogspot.fr/

L’Atlas

http://latlas.org/

Cedric Bernadotte

http://cedricbernadotte.com/

Spy

http://spy-urbanart.com/

Tristan Eaton

http://www.tristaneaton.net/

Thomas Canto

http://thomascanto.com/

Jan Vormann

http://www.janvormann.com/

Swoon

http://www.fatcap.org/artiste/swoon.html

Brusk

http://www.fatcap.org/artiste/brusk.html

Dan23

http://www.dan23.com/

Florian Marco

http://florianmarco.com/

Jef Aerosol

http://www.jefaerosol.com/

En bonus, des clichés pris durant mon itinéraire à la Nuit Blanche.

2 commentaires

    1. Oui j’ai pu voir ce qu’elle faisait, J’ai beaucoup apprécié ses travaux. Grâce à toi, j’ai pu voir des oeuvres photographiées en journée.

      La prochaine fois, on se tiens au courant pour une future escapade artistique 🙂

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