En 1968, la planète des singes de Franklin J. Schaffner est devenue un classique de la science-fiction grâce aux maquillages de l’époque et l’un des grands moments de la carrière de Charlton Heston. Retour sur ce film d’anticipation devenu culte.

Auteur

Franklin J. Schaffner est né en 1920 à Tokyo, où il passe son enfance. Par la suite, le metteur en scène étudie à l’Université de Columbia et sert dans la marine pendant le Seconde Guerre Mondiale. Il commence sa carrière de réalisateur en débutant par la télévision en dirigeant de nombreux épisodes de séries télévisées entre 1949 à 1969 telles que : Wesley (1949), The best of Broadway (1955) ou Les Accusés (1961). Parallèlement, il poursuit sa carrière cinématographique avec ses premières réalisations : The good years (1962) avec Henry Fonda et le mélodrame «The Stripper» avec Joanne Woodward (1963). Ensuite, la comédie dramatique «Que le meilleur l’emporte» à nouveau avec Henry Fonda, la fresque médiévale «Le seigneur de la guerre» (1965) avec Charlton Heston et le thriller «La griffe» avec Yul Byrnner et Britt Ekland.

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Histoire

Une navette spatiale américaine s’écrase dans une planète de la constellation d’Orion. Les astronautes découvrent une planète habitée par des humains primitifs et des singes très évolués. Progressivement, ils s’aperçoivent qu’ils ne sont pas les bienvenus sur cette planète.

Critique

Héros emblématique du premier volet, Charlton Heston est le personnage principal de ce film où il partage l’affiche avec d’autres acteurs tels que Kim Hunter (Dr Zira), Maurice Evans (Dr Zaius) et Roddy Mc Dowall (Corneilius).

C’est en intégrant la troupe de Katherine Cornel en 1947 que Charlton Heston décide de travailler en tant qu’acteur pour le théâtre et la télévision dans les adaptations de William Shakespeare. Repéré par le producteur de cinéma Hal Wallis, il se voit proposer en 1950 un contrat sans qu’il passe même un seul bout d’essai. Il décroche son premier rôle dans La main qui venge de William Dieterle et se lance dans une carrière exemplaire de plus de 80 films. Dont une série de grands rôles historiques dans les années 50 avec Sous le plus grand chapiteau du monde de Cecil B Demile (1953), les Dix commandements (1956), Ben Hur (1959) pour lequel il remporte l’Oscar du meilleur acteur. Puis dans les années 60 avec Le Cid, Les cinquante cinq jours de Perkin (1963), Le seigneur de la guerre (1965) et Khartoum (1966). Après les périodes historiques, il incarne des personnages plus physiques dans les deux westerns Major Dundee de Sam Peckinpah et Will Penny, le solitaire de Tom Gries.

L’actrice Kim Hunter étudie à l’Actors Studio et débute sur les planches en 1939 dans Penny Wise. Remarquée par des producteurs, elle tourne avec Daniel O. Selznick et exécute son premier film «La Septième Victime» de Mark Robson en 1943. Au même moment, elle partage l’affiche avec Ginger Rogers dans le film Comrade de Edward Dmytryk. Suspectée d’être une sympathisante communiste, sa carrière bat de l’aile et elle se concentre sur sa carrière théâtrale. De retour en 1947, elle forme avec Marlon Brando, un couple déchiré et passionné dans «Un tramway nommé désir» sur la scène de Broadway puis la pièce est adaptée au cinéma par Elia Kazan. L’année 68 est une renaissance pour l’actrice, elle obtient l’un des rôles principaux dans la planète des singes.

D’origine anglaise, Maurice Evans fait ses débuts professionnels sur scène en 1926. Il obtient son premier triomphe trois ans plus tard dans «La fin du voyage». Après une saison avec sa compagnie de théâtre Old Vic, il débarque en Amérique, et décide de conquérir le public américain et devient l’un des interprètes les plus illustres du monde de Shakespeare dans les années 30-40 (Roméo, Hamlet, Macbeth et Richard III). En 1941, il est placé à la tête de la section divertissement de l’armée dans la Guerre du Pacifique Central et quitte le service militaire avec le grade de major. Apres la guerre, sa filmographie comprend notamment Gilbert et Sullivan (1953), le seigneur de La guerre (1965) et Rosemary baby (1968).

Quant à Roddy Mc Dowall, il connaît un succès précoce au cinéma. Enfant, il apparaît dans de nombreux films britanniques Yellow sands (1938) et Just Williams (1939). En 1940, Roddy émigre en Amérique, avec sa mère et sa sœur, pour échapper aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale à Londres. Son père rejoint la famille peu de temps après, ils s’installent à Hollywood, où Roddy a été immédiatement embauché par 20th Century Fox. Comme beaucoup d’enfants stars, McDowall a eu beaucoup de mal à faire une transition pour obtenir des rôles pour adultes. Frustré par la diminution des possibilités à Hollywood, il se dirige vers Broadway avec deux pièces à succès: Compulsion (1957) et The Fighting Cock (1959). En 1963, il revient au cinéma dans le rôle d’Octave dans le film «Cléopâtre» en compagnie de Richard Burton et Elizabeth Taylor. Peu de temps après, il fait ses preuves à la télévision dans le rôle récurrent de Bookworm dans la série Batman (1966) face à Adam West. En 1968, McDowall incarne le scientifique Cornelius dans la planète des singes.

Histoire

Adaptée du roman de Pierre Boulle, la planète des singes est également la seconde œuvre transposée au cinéma après le Pont de la rivière Kwai en 1957. Une navette spatiale américaine atterrit sur un lieu inconnu, plus de 2000 ans après son départ.

Le vaisseau s’écrase sur un lac en plein milieu d’une zone désertique. Les 3 hommes rescapés de l’expédition : Taylor (Charlton Heston), Landon (Robert Gunner) et Dodge (Jeff Burton) décident de se lancer dans une longue marche pour trouver un signe potentiel de vie sur la planète. Au bout de ce long périple, ils découvrent des hommes primitifs, sans aucune parole et sont traqués par des primates à cheval, qui sont à leur grande surprise des gorilles. Deux des trois membres de l’expédition (Taylor et London) sont capturés. Taylor est placé sous la responsabilité de le psychologue pour animaux le Dr Zira (Kim Hunter). Taylor essaye de la convaincre que les hommes peuvent réfléchir, mais les orangs-outans qui administrent la planète, restent sceptiques à ce sujet.

Le metteur en scène propose une adaptation assez fidèle du livre pour restituer le calvaire de ses trois hommes qui traversent un pays décrit comme la «Zone Interdite».

Pour faire vivre son long métrage , le réalisateur n’hésite pas à utiliser la lumière du soleil au coucher ou à son zénith pour créer cet environnement désertique où les paysages du lac Powell dans l’Utah deviennent somptueux. Schaffner mise aussi sur un atout essentiel avec l’apport de la musique du compositeur Jerry Goldsmith pour installer une atmosphère spéciale à son film. En particulier lors des scènes d’ouverture lorsque l’action commence à se mettre en place. Comme l’a expliqué Goldsmith: « La musique fait monter la tension jusqu’au moment où les gorilles apparaissent pour la première fois». La partition du compositeur compte de nombreux éléments instrumentaux inhabituels comme des sons bas de cordes de harpe amplifiée et une flûte basse couplée à un démultiplicateur de sons.

Au moment où Taylor est capturé, le réalisateur opte pour un scénario classique afin d’appuyer le discours sur la tolérance et le pacifisme. Les décors restent fouillés, le spectateur pourra voir des maisons de type mozabite présentes dans certains pays du Moyen Orient (Syrie, Iran).

En proposant une inversion des rôles, Schaffner rend un bel hommage à l’ouvrage de Pierre Boulle qui avait pour but de dénoncer la bêtise humaine, les guerres, la course à l’armement et l’engouement de l’homme vis à vis de la nouvelle technologie dans les années 60 : le film est tourné en pleine Guerre Froide. En évoquant cette inversion, la dénonciation est plus crédible, car les personnages humains ressentent cette absurdité en trouvant comme porte parole le personnage de Taylor, un astronaute qui a fui la Terre pour échapper à ses nombreux maux.

A son arrivée dans le camp, le cinéaste filme une société simiesque très organisée : les orangs-outans sont les représentants du pouvoir politique et religieux, les gorilles à la tête de l’armée, les chimpanzés dans les secteurs (scientifique et intellectuel) et les humains sont devenus des esclaves. Les personnages de Zira et Corneillus sont des scientifiques réfléchis qui veulent apporter une nouvelle approche aux orangs-outans qui se damnent à croire des idées issues de leur texte fondateur qu’on pourrait comparer à un livre de lois, où le changement n’est point tolérer. Les deux personnages se battront aux côtés de Taylor pour que cette société tente d’améliorer la condition de l’homme.

Grâce au travail de John Chambers, la représentation des primates à l’écran est possible pour la première fois. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le maquilleur reconstituait les visages des blessées et élaborait des prothèses. Les maquillages restent réussis et les expressions mimées par les acteurs sur les visages simiesques sont très crédibles. Les costumes peuvent sembler kitch en voyant les primates et les humains vêtus de peaux de bête mais cela apporte un certain charme à ce film de science-fiction.

Conclusion

Première adaptation d’une longue série, la planète des singes reste un classique de la science-fiction au cinéma notamment grâce à sa scène finale. Malgré que le film soit en déclin techniquement par rapport à ses consoeurs. Le long métrage privilégie la réflexion en proposant des dialogues qui mettent l’accent sur une société simienne calquée sur celle des humains au lieu d’en faire un film d’action. Certes, il a mal vieilli sur certains aspects visuels, mais reste fort intéressant sur la thématique de l’inversion.

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