Le dénouement de la Seconde Guerre Mondiale approche à grand pas, une division blindée américaine essaye de survivre dans un tank en Allemagne. Dans le nouveau film de David Ayer «Fury» Brad Pitt incarne le sergent de cette division et ses hommes sont interprétés par Shia La Boeuf, Logan Leman, Michael Pena et John Bernthal qui vont tenter de frapper l’ennemi nazi en plein cœur.

Auteur

Dès l’âge de 18 ans, David Ayer s’engage dans la marine en tant qu’officier sonar dans un sous-marin militaire. Durant ce passage dans l’armée, le réalisateur tire le scénario du film U-571, réalisé par Jonathan Mostow (2000). Par la suite, il décide d’entamer une carrière de scénariste après sa sortie de l’armée. Grâce au soutien de son mentor Wesley Strick (Les Nerfs, Wolf, The Saint), il commence son ascension à Hollywood. En 2001, il signe le script de Training Day avec Denzel Washington (Oscar du meilleur acteur pour ce rôle) et Ethan Hawke réalisé par Antoine Fuqua. La même année, il change de registre en signant le scénario de Fast & Furious de Rob Cohen. Pendant l’année 2003, il continue dans les films d’actions musclés pour le script de SWAT Unité d’élite de Clark Johnson avec Samuel L Jackson et Colin Farrell. Ensuite, il se lance dans l’adaptation du roman de James Ellroy «Dark Blue» matérialisée par Ron Shelton et dont les interprètes sont Kurt Russel et Ving Rhames. En 2008, il passe à la réalisation avec Bad Times où il dirige Christian Bale puis effectue la réalisation du film « Au bout de la nuit » aux côtés de Keanu Reeves, Forest Whitaker et Hugh Laurie. De 2012 à 2014, il exécute son troisième long métrage « End of Watch » en dirigeant Jake Gyllenhaal et Michael Pena. Il remet en selle l’un des vétérans de l’action Arnold Schwarzenegger dans le film Sabotage (2014).

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Histoire

En avril 1945, les alliés mènent leur dernière action stratégique en Allemagne. A bord d’un tank Sherman, le sergent Wardaddy et ses hommes s’engagent dans une mission périlleuse au delà des lignes ennemies. Confronté à un adversaire mieux armé, le sergent et son équipe vont devoir tout tenter pour frapper l’ennemi nazi.

Critique

Pour faire vivre son récit, le metteur en scène centralise son projet sur cinq acteurs principaux : Brad Pitt (Fight Club, Seven, Snatch), Shia LaBoeuf (Des hommes sans loi, Transformers), Logan Lerman (Percy Jackson, Noe) et Jon Bernthal (Le loup de Wall Street, Infiltré, Match Retour). Quant à Michael Pena (Million Dollar Baby American Bluff), il a déjà été sous les ordres du réalisateur dans le film « End of Watch »

Ayant comme environnement les dernières heures de la Seconde Guerre mondiale, Fury s’inspire de l’histoire vraie de la prise d’assaut de l’armée allemande par un commando américain, établit à bord d’un tank surnommé «Fury». L’engin militaire est inspiré du M4 Sherman, un char américain produit en grande quantité pendant le Seconde Guerre Mondiale auprès duquel l’unité d’élite sera à bord. Brad Pitt incarne le sergent Don « Wardaddy » Colliver (le chef du char), Shia LaBoeuf Boyd «la Bible» Swan (le tireur), Logan Lerman interprète Norman Elison (le copilote), Michael Pena «Trini» Gordo Garcia (le pilote) et Jon Bernthal «Cul d’Ane» Grady Travis (le chargeur).

L’intrigue de Fury se déroule à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en Allemagne durant l’année 1945. Le metteur en scène place son projet au moment où la guerre est quasiment terminée, mais des hommes persistent du côté allemand. Le cinéaste se démarque par le fait que certains films ont célébré les actes victorieux impliquant les troupes américaines par l’exemple du débarquement en France ou la bataille des Ardennes. Ayer montre une période où des hommes lessivés par des années de guerre, en manque cruel d’effectifs ont dû combattre des poches de résistance malgré l’abdication du côté de l’ennemi. La construction narrative de Fury se déroule sur une journée : d’une matinée à une autre. Contrairement à de nombreux films historiques qui se sont centralisés sur une période ou un fait précis de l’histoire.

Le réalisateur brosse un film où les liens entre les personnages sont similaires à celle d’une famille en évoquant la fraternité, l’honneur et l’entraide au sein de cette unité. Le personnage de Brad Pitt (le sergent Don « Wardaddy » Colliver) est un homme épuisé, dont la raison ne tient qu’a un fil. On ne sait rien de sa personne, mais son vécu est inscrit sur son apparence physique.

Le protagoniste incarné par Logan Lerman (Norman Elison) devient l’élément clef du film, car le spectateur s’identifiera automatiquement à lui. Il débarque fraîchement sur le front, il n’a aucune formation militaire. A travers son expérience, on entrevoit la vie dans un tank et le sort de sa troupe. Par son histoire, on découvre les événements qu’il a pu endurer, la lucidité pour s’en sortir et faire partie de cette unité.

Via le personnage de Michael Pena (« Trini » Gordo Garcia), le cinéaste rend hommage aux latino-américains. Dans une entrevue, il expliquait : « Pas loin de 300 000 latino-américains ont fait la Seconde Guerre mondiale en tant que conducteur dans les corps blindés. Trini est un type sophistiqué, dans la vie civile, on lui aurait confié de grandes responsabilités » De façon volontaire, je n’ai pas exposé les traits de caractère des deux autres membres de l’équipage (Shia LaBoeuf et Jon Bernthal), je vous laisse le plaisir de les découvrir. Cependant, les interprétations de ces derniers restent précises, objectives et authentiques pour ce type de film.

La réussite des batailles de tanks résulte d’une organisation minutieuse. Les véhicules sont équipés de caméras permettant une immersion totale en multipliant les angles de vues tout en filmant les protagonistes dans l’habitacle :  les horreurs vécues par ses hommes sont montrées sans facette.

Pour garder une part d’authenticité, le metteur en scène engage Bruce Crompton pour superviser le film, un ancien militaire et collectionneur, il a travaillé avec Steven Spielberg sur « il faut sauver le soldat Ryan » (1998). De nombreux modèles de chars ont été empruntés à des musées pour le tournage. On peut remarquer toutefois que la costumière Maja Meschede (Valkyrie, The Dark Knight : Le Chevalier Noir, Captain America) a su faire renaitre cette époque. Indépendamment des uniformes portés par les acteurs principaux, elle a su crée des costumes civils avec le même souci du détail.

 

Pour la musique, le réalisateur fait appel à un compositeur oscarisé Steven Price (Gravity). Une bande son avec des sonorités produites par des armes, le claquement des plaques d’identité et des bruits tirés du tank pour accompagner ce film épique.

Conclusion

Fury jete le spectateur dans un engin militaire : un char. Proposant une démarche inédite, le réalisateur plonge le spectateur dans un habitacle : personne n’avait jamais montré avec autant de précision ce qui se passe dans un tank en temps de guerre. On y voit des personnages érigés comme des héros, mais torturer mentalement et psychologiquement où la sensation de doute, de remords et d’antipathie ont pu naître chez eux. D’un point de vue du casting et de la chorégraphie des combats, le film est d’une justesse absolue. Nombreux de ses atouts permettent d’en faire un film historique à couper le souffle.

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