Comme chaque année, le réalisateur américain Woody Allen ouvre sa rentrée cinématographique avec un nouveau film « Magic in the Moonlight « . Le cinéaste dirige cette fois-ci Colin Firth et Emma Stone dans une comédie romantique délicieuse où il met en scène une médium et un magicien qui tentera de déjouer les tours de cette mystérieuse jeune demoiselle.

Auteur

Certainement l’un des réalisateurs le plus prolifique du cinéma américain, il sort à peu près un film par an depuis 1969. Très tôt, il développe une passion pour l’écriture à l’âge de 15 ans en envoyant à divers journaux des histoires drôles et des chroniques. Durant cette période, il profite pour exceller dans le théâtre et créer des sketchs dans les cabarets. De là, il se fait approcher par le producteur Charles Feldman pour remanier l’écriture de deux scénarios celui de Quoi de neuf, Pussycat (1965) et le remake satirique de James Bond, Casino Royale (1967). À partir de 1969, le cinéaste se lance dans la réalisation de son premier long métrage « Prends l’oseille et tire toi ».

Puis enchaîne dans d’autres comédies burlesques : Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe…sans jamais oser le demander (1977) avec Diane Keaton. En 1979, il sort l’une des meilleures comédies romantiques américaines « Manhattan ». Son épouse de l’époque, Mia Farrow apparaîtra dans 13 films du réalisateur dont La Rose pourpre du Caire (1985), Hannah et ses sœurs (1986) et Ombres et brouillards (1992). Dans les années 90-2000, le réalisateur tourne avec le gratin d’Hollywood : Julia Roberts dans Tout le monde dit i love you (1996), Leonardo Di Caprio « Celebrity » (1998), Charlize Theron « le sortilège du Scorpion de Jade » (2001) et Scarlett Johansson pour Match Point (2005). D’ailleurs, l’actrice résigna avec le metteur en scène pour deux autres films : Scoop (2006) et Vicky, Cristina et Barcelona (2008).

Quant à ses dernières réalisations, le metteur en scène pose ses caméras assez souvent en Europe : Minuit à Paris (2011) et To Rome with Love (2012) en Italie. Ensuite, il retourne aux Etats-Unis sur la côte ouest pour Blue Jasmine (2014) avec Cate Blanchett.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Histoire

De son nom de scène Wei Ling Soo, Stanley Crawford (Colin Firth) est le plus célèbre magicien de son temps. Anglais, cet homme présomptueux et orgueilleux n’admet pas que les médiums peuvent prédire l’avenir. Lors de l’une de ses représentations, il rencontre un vieil ami Howard Burka (Simon McBurney) qui lui propose de se rendre chez le couple Catledge, propriétaire d’une somptueuse villa sur la Côte d’Azur. Il se fait passer pour un homme d’affaires, du nom de Stanley Taplinger dans le but de démasquer la jeune et charmante médium Sophie Baker (Emma Stone).

Critique

Pour ce nouveau projet, Woody Allen offre une place de choix à Colin Firth (Le discours du roi, Orgueils et préjugés, A single man) et Emma Stone (La couleur des sentiments, Bienvenue à Zombieland, Crazy, Stupid, Love), ils incarnent les personnages principaux. Tandis que les seconds sont interprétés par Eilen Atkins (Petites meurtres à l’anglaise, Gosford Park, Retour à Cold Moutain), Simon McBurney (Le dernier roi d’Ecosse, The Duchess), Marcia Gay Harden (Into the Wild, Mystic River, Detachment), Hamish Linklater (The Newroom, The Crazy Ones) et Jackie Weaver (Happiness Therapy, Pique-nique à Hanging Rock).

Fasciné par la magie, le cinéaste a voulu remettre au jour cette activité, jadis réputé dans les années 20. De nombreuses personnalités se sont essayées à la magie comme Arthur Conan Doyle, auteur de Sherlock Holmes. La magie reste une thématique chère à Allen puisqu’il incarnait déjà un magicien dans le film « Scoop » avec Scarlett Johansson et Hugh Jackman.

L’acteur anglais Colin Firth joue un magicien défaitiste avec lequel il lance d’innombrables répliques mordantes. L’accent et le flegme britannique n’auront jamais été autant appréciés dans sa version originale, un vrai régal. Son but est d’essayer par tous les moyens de débusquer les failles de Sophie Baker (Emma Stone). Mais sans qu’il ne s’en aperçoive les charmes de cette dernière se refermeront progressivement sur lui. Emma Stone est lumineuse et radieuse dans le rôle de Sophie Baker, son personnage est à la fois charmant et intrigant, on apprécie la regarder à l’écran. Les seconds rôles sont d’une grande qualité pour cette distribution tels que Simon Burney et Eilen Atkins. Cette dernière incarne la tante de Stanley Crawford (Colin Firth) : une actrice irrésistible dans ses répliques échangées avec les acteurs principaux.

Le metteur en scène propose au spectateur une intrigue basée sur un magicien qui rencontre une  médium pour laquelle il a de nombreux doutes sur ses sois-disants dons. Comme il a pu le déclarer dans une interview : « Il y a quelque chose de magique et d’exaltant dans une rencontre et dans les sentiments amoureux qu’on peut soudain éprouver »

Comme à son habitude, Allen dévoile une mise en scène judicieuse avec des longues prises agrémentées de dialogues fluides, les plans filmés sont millimétrés et les mouvements de caméra sont spécifiques à certaines scènes. Tourné dans de nombreux décors naturels de la Côte d’Azur, le cinéaste offre une vraie carte postale aux spectateurs. On visite des villas situées au Cap d’Antibes et Mouas-Sartoux, les environs de Juan-les-Pins et Nice pour des scènes clefs du film.

Pour recréer ce charme d’antan, Woody Allen n’hésite pas à collaborer à nouveau avec Darius Khondji, directeur de la photographie qui a travaillé sur Anything Else, Minuit à Paris et To Rome with love. L’artisan de l’image insuffle, un grain léger et soyeux en s’inspirant pleinement des photographies du français Jacques Henri Lartigue. Il utilise un objectif cinémascope des années 70 grâce à cette technique, la pellicule met en valeur les visages des acteurs qui deviennent rayonnants et lumineux.

La chef costumière Sonia Grande a joué un rôle important dans l’ambiance du film. Elle a déniché des pièces originales pour faire revivre le style vestimentaire de l’époque comme si on y était. Quant à la musique, le réalisateur a confectionné une bande originale jazzy « années 20 » avec Bix Beiderbecke, Conal Fowkes, Leo Reisman & His Orchestra et bien d’autres.

Conclusion

Une intrigue fascinante et des acteurs talentueux, le nouveau Woody Allen place le spectateur dans les années 20 sur la Côte d’Azur en compagnie d’un magicien et d’une médium. Rigoureux dans les moindres détails, il privilégie les longues prises très conversées ainsi que les dialogues fluides et structurés. Le savoir-faire de Darius Khondji nous plonge dans cette atmosphère d’antan où le réalisateur y ajoute une touche jazzy à sa bande son : un très bon Woody Allen.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s