Connu dans l’univers de la réalisation et de la production de blockbusters ses dernières années (Iron Man, Iron Man 2, Iron Man 3, Avengers), Jon Favreau décide de revenir aux films indépendants avec son nouveau projet #Chef , un moyen de se renouveler et développer un projet alléchant où il met en scène un chef cuisinier en quête de créativité.

Auteur

Reçu à la Bronx High School of Science en 1984, Jon Favreau rejoint la troupe d’improvisation Chicago’s Improv Olympic avec Tim Meadows, Mike Myers et Horatio Sanz. Il apparaît pour la première fois sur grand écran dans Hoffa (1992) de Danny Devito. Puis multiplie de nombreuses apparitions pour des seconds rôles : Mrs Parker et le cercle vicieux (1994), Dogtown (1997) et Deep Impact (1998). Inconditionnel du registre comique durant les années 90-2000, il tient le haut de l’affiche dans Swingers (1996), Very bad things (1998), Love & Sex (2000) où il donne la replique à Famke Janssen. De 2003 à 2004, on le retrouve dans l’adaptation de Daredevil avec Ben Affleck et un an plus tard pour le long-métrage « La plus belle victoire » avec Kirsten Dunst.

À partir des années 2000, il s’essaye à la réalisation en mettant en route son premier projet « Made » avec son compère Vince Vaugh. En 2002, il retrouve l’un des trublions de la comédie américaine Will Ferrel dans « Elfe ». Ensuite, il réalise Zatura : une aventure spatiale avec Tim Robbins. L’année 2008 reaffirme son adoration pour les super héros en choisissant Robert Downey Junior pour l’adaptation du comic book « Iron Man ». Puis il joue dans quatre comédies en tant qu’acteur : Tout…sauf en famille, I love you, man, Mission G et Thérapie de Couples. Ensuite, il retourne à la réalisation du second volet d’Iron Man. Deux ans plus tard, il réunit Harrisson Ford et Daniel Craig pour l’adaptation du comic book : Cowboys & Envahisseurs.

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Histoire

Après avoir refusé de compromettre son intégrité créative auprès de son patron (Dustin Hoffman), le chef cuisinier Carl Casper (Jon Favreau) quitte subitement son poste d’un grand restaurant de Los Angeles. Parti à Miami, il fait équipe avec son ex-femme (Sofia Vergara), son ami (John Leguizamo) et son fils (Emjay Anthony) pour lancer un camion de nourriture. En prenant la route, sa créativité et sa passion de la cuisine ressurgissent.

Critique

Jon Favreau revêt la triple casquette pour le film (scénariste, réalisateur et acteur). Pour la distribution, le réalisateur a su attirer des seconds rôles épatants tels que Scarlett Johansson (Le Prestige, Lost in Translation, Avengers, Match Point), Robert Downey Junior (La trilogie Ironman, Avengers, Chaplin, Sherlock Holmes 1&2, Zodiac, Kiss Kiss Bang Bang), John Leguizamo (L’impasse, La Défense Lincoln, Moulin Rouge), Sofia Vergara (La série Modern Family), Emjay Anthony (The Mentalist, Grey’s Anatomy) , Oliver Platt ( X-Men : Le Commencement, Secret d’Etat), Bobby Cannavale (Boardwalk Empire, Blue Jasmine, Les Winners) et le grand retour de Dustin Hoffman (Rain Man, Le Lauréat, Sleepers, Big Little Man, Papillon, Kramer contre Kramer, Les Hommes du Président) sur les grands écrans depuis le monde de Barney en 2011.

Favreau incarne un chef cuisinier talentueux qui vit dans une indéniable routine. Lors d’un dîner, un blogueur connu (Oliver Platt) critique sa cuisine de façon incendiaire. Commence alors, entre les deux hommes, un échange exaltant sur les réseaux sociaux. De la naît, un vieux rêve : l’ouverture d’un food truck. Axé sur l’univers de la cuisine, le projet est une résurrection car son personnage renaît de ses cendres, il se renouvelle et développe un projet culinaire inédit qui va lui redonner la joie de vivre ainsi que l’amour. Par cette remise en question, cette expérience lui permettra de renouer avec son fils et traverser les Etats-Unis où ils partageront de nombreux souvenirs.

S’inspirant des classiques du cinéma culinaire, le réalisateur profite pour rendre hommage à Salé sucré d’Ang Lee, Le Festin de Babette de Gabriel Axel et La grande nuit de Campbell Scott Michael et Stanley Tucci, récompensé au festival de Deauville en 1996.

Pour créer son projet, le metteur en scène n’hésite pas à se documenter sur la culture de la street food en faisant appel à Roy Choi, le spécialiste en la matière à Los Angeles. Il a été promu « meilleur nouveau chef en 2010 par le magazine « Food Wine »  pour sa cuisine développée à bord d’un camion : le Kogi BBQ Taco Tuck. Le metteur en scène a eu l’opportunité de travailler avec ce dernier pour apprendre les rudiments du métier. Il retranscrit l’univers « street food » dans les moindres détails : la manière de parler et les plats proposés aux clients, le spectateur vit entièrement son immersion dans ce milieu.

Les menus proposés par le chef Roy Choi : bon appétit 🙂

Pour rendre son projet plus attrayant, il n’hésite pas à filmer dans des décors naturels. Son but est de montrer à l’écran la réalité de ce monde culinaire. Le cinéaste nous emmène dans les lieux les plus prisés des amateurs de « streetfood » sur Abbott Kinney à Venice en Californie, le parking du Brig où se déroule les First Fridays, un grande réunion de foods trucks. Puis à Little Havana (Miami), le Faubourg Marigny de la Nouvelle Orleans et le Franklin Barbecue chez Guero’s à Austin : des vrais paradis culinaires.

L’une des réussites du film résulte sur les scènes filmées où le chef cuisinier prépare ses recettes. Les papilles du spectateur se réveillent instantanément et l’envie d’y goûter aussi. En matière de mise en scène, le réalisateur propose des moments drôles et amusants sur plusieurs séquences. Tout particulièrement, lorsqu’il rencontre le critique gastronomique dans le restaurant après son billet, ce dernier déclenche une réaction surdimensionnée chez le chef Casper et se lance dans une improvisation mémorable, à voir!

Élément essentiel du film, la bande originale a été préparée minutieusement allant de la salsa au reggae en passant par le hip hop et le rock. Signée par Mathieu Schreyer, elle colle parfaitement à l’ambiance de ce road trip culinaire. Pour chaque ville explorée, une sélection est proposée : Miami avec la salsa (Pete Rodriguez, Perico Hernandez), la Nouvelle Orleans et les fanfares représentées par Rebirth Brass Band et Hot 8 Bass Band (Sexual Healing), Austin avec le blues de Gary Clark Junior et la ville de Los Angeles avec la touche hip hop personnifié par El Michels Affair « C.R.E.A.M » et Ronnie Hudson/The Street People « West Coast Poplock ». Une bande originale qui aura une place de choix dans les compilations proposées par Quentin Tarantino et Martin Scorsese.

Conclusion

#Chef est un vrai régal gastronomique, technique et visuel, le réalisateur dévoile un récit sincère où son personnage retrouve cette joie de vivre communicative et l’envie de cuisiner tout en partageant cette belle expérience avec ses proches. Star du film, le food truck devient gourmand : une envie soudaine de goûter à tous ces mets se manifeste à la vue des préparations. Besoin de chaleur, de son endiablé et de saveurs appétissantes, une seule option s’offre à vous, prenez une place de cinéma pour voir ce petit bijou culinaire.

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