Depuis le 26 novembre 2014, le Centre Pompidou présente la première rétrospective de l’artiste américain Jeff Koons en Europe, de 1979 à nos jours. Des sculptures et peintures composent cette rétrospective dont les œuvres mettent en évidence les différents cycles du travail de l’artiste de ses premières réalisations inspirée du Pop Art à ses travaux récents. Il est devenu depuis de 35 ans, l’un des artistes contemporains le plus controversé de la scène contemporaine.

Jeff Koons est né en 1955 en Pennsylvanie. À partir de 1963, il commence à peintre des tableaux de maîtres anciens, que son père Henry J Koons expose dans la vitrine de son magasin de décoration intérieure. De 1972 à 1975, il étudie au Maryland Institute College of Art de Baltimore avant d’intégrer l’école d’Art Institute of Chicago, où il suit les cours des artistes Jim Nutt et Ed Paschke. Durant les années 76-77, l’artiste s’installe à New York et se lie d’amitié avec de nombreux artistes, notamment David Salle et Julian Schnabel.

Fonctionnant par séries, l’art de Jeff Koons proposera aux visiteurs de découvrir seize séries (Inflatables, Pre-New, The New, Equilibrium, Luxury and Degradation, Statuary, Banality, Made in Heaven, Celebration, Easyfun, Easyfun-Ethereal, Popeye, Hulk Elvis, Antiquity et Gazing Ball) dont les représentations piochent sans complexe dans les motifs familiers de la culture de masse.

Le visiteur découvre la première série Inflatables de l’artiste qui se compose de jouets gonflables colorés, achetés dans les boutiques bon marché de l’East Village à New York. La série est disposée sur des plaques miroir, mêlant ainsi le langage pop et minimaliste de l’artiste Robert Smithson.

Mettant un terme à sa précédente série, Jeff Koons annonce deux ensembles : Pre New et The New. Dans la première série, il utilise des appareils électroménagers par l’exemple de l’aspirateur. Un objet qu’il utilise pour synthétiser sa vision de la société américaine, entre pragmatisme domestique, rêve individuel et course effrénée à la nouveauté. Les objets sont exposés dans des vitrines en plexiglas éclairés par des tubes fluorescents s’inspirant de l’oeuvre de Dan Flavin.

Quant au slogan « The New », il figure sur une boite lumineuse et des panneaux lithographies qui illustrent la promesse d’un perpétuel renouveau du rêve américain.

La série « Equilibrium » s’attache à la substance du rêve américain : le désir d’ascension sociale. Koons explore pour ce fait l’univers du sport, considéré comme un moyen d’élévation à la disposition des classes défavorisées. Il met en scène les affiches de la marque Nike.

Autour de cette série, les « Tanks » sont des aquariums remplis à moitié ou en totalité contenants des ballons de basketball dans des postures quasi impossible sur lesquels il collabore avec le prix Nobel de physique Richard P. Feynman. De plus, des articles de loisirs sont présentés pour évoquer l’air et la respiration (tuba, scaphandre, canot pneumatique) reproduits à l’identique dans une couleur bronze.

Avec Luxury and Degradation, l’artiste explore les stratégies publicitaires en réimprimant sur toile les affiches de différentes marques d’alcool (Hennessy, Gordon) et confectionne des répliques en acier inoxydable d’objets liés à ce type de consommation.

En poursuivant son exploration, l’hôte entrevoit la série Statuary où Koons cherche à dessiner un panorama de la société américaine fondé sur des objets de décoration figuratifs. Ce sont des répliques de statuettes de différentes tailles appartenant à divers registres des arts savants à la culture populaire avec l’emblématique Rabbit.

Banality est un cycle où l’artiste collabore avec des artisans spécialisés avec la célèbre porcelaine de Michael Jackson et son singe « Bubbles » ainsi que la représentation de Buster Keaton et d’autres travaux.

Made in Heaven reste la série la plus controversée de l’exposition où il s’exhibe avec la parlementaire italienne Ilona Staller dit la Cicciolina.

Quant à la collection Celebration, il conçoit des objets évoquant les fêtes et événements marquants de l’année : cœurs, œufs enrubannés, ballons de baudruche et  jouets ainsi que des peintures.

Les travaux Easyfun et Easyfun-Ethereal comprennent des sculptures miroitantes colorées et des peintures. Les contours dessinent des silhouettes d’animaux de dessins animés et les surfaces renvoient les images des visiteurs. Quant aux peintures, elles reflètent les archétypes de la culture américaine : les grands espaces naturels et la consommation de masse.

Popeye et Hulk Elvis gravitent autour des deux héros mythiques de la culture de masse américaine. On y voit des jouets gonflables dans des postures cocasses. Les séries sont composées de nombreux tableaux où l’explosion de la production picturale de l’artiste est présente.

Antiquity dialogue avec l’art paléolithique et la sculpture classique. Des toiles sur lesquelles l’artiste relie ses œuvres à celle de l’histoire de l’art. Il interprète à sa manière deux célèbres thèmes de l’histoire de la sculpture : Metallic Venus et Pluton and Prospera.

Gazing Ball est la dernière création de l’artiste, elle comporte des répliques de chef d’oeuvre de la sculpture classique de l’Antiquité au XVIIIe siècle. Il rajoute aux sujets une boule de verre soufflé d’un bleu intense qu’on retrouvera sur la pochette du dernier album de Lady Gaga « ARTPOP ».

Conclusion

Pour cette rétrospective, le Centre Pompidou réussi le pari de réunir les premiers travaux de l’artiste jusqu’à son dernier projet « Gazing Ball ». L’oeuvre de Koons n’aura cessé de se renouveler en commençant par des matériaux traditionnels à des technologies de pointe. Descripteur de la société américaine, il aime interroger les objets cultes dont les représentations piochent sans complexe dans les motifs familiers de la culture de masse. Le visiteur croisera la sculpture en porcelaine du roi de la Pop Music « Michael Jackson » et son singe Bubbles, une série de Popeye où l’effet d’illusion reste bluffant et son œuvre la plus marquante « Balloon Dog ». Controversé, admiré ou décrié, Jeff Koons ne cessera de défier la critique tout en questionnant avec pertinence le « monde de l’art », à découvrir jusqu’au 27 avril 2015.

Retrospective Jeff Koons

Jusqu’au 27 avril 2015

Centre Pompidou

Place Georges Pompidou

75004 Paris

Du mardi , mercredi et dimanche de 11 h à 21h

Jeudi, vendredi, samedi de 11h à 23h (dernière entrée à 22h)

Tarif plein : 13€, Tarif Réduit :  10€

Gratuité à voir les modalités sur le site du Centre Pompidou

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