Couronné aux festivals de Sundance et Deauville en 2014 pour deux récompenses similaires : le Grand prix et le Prix du Public, Whiplash de l’américain Damien Chazelle met en scène la relation troublante entre un jeune batteur ambitieux et un prof de musique perfectionniste : une œuvre qui fascine par sa robustesse et le dépassement de soi.

Auteur

Alors qu’il n’était qu’un étudiant à Havard, Damien Chazelle réalise son premier long métrage intitulé «  Guy And Madeline On A Park Bench ». Ce dernier a été nommé comme «  meilleur film de l’année 2009 » par le NY Times et de nombreuses critiques.

Histoire

Andrew (Miles Teller), 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher (JK Simmons), professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance sous sa direction dans la quête de l’excellence.

Critique

Pour faire naitre cette histoire entre un jeune batteur arriviste et un prof de musique exigeant, le réalisateur fait appel à Miles Teller (Rabbit Hole,le remake de Footloose,The Spectacular Now, Divergente) et JK Simmons (la série OZ, L’oeuvre de Dieu, La Part du Diable, Pour l’Amour du Jeu, la trilogie Spiderman, Ladykillers, Burn After Reading, Juno). Le reste de la distribution se compose de Paul Reiser (la série Dingue de Toi, Aliens le Retour, Ma vie avec Liberace) et Melissa Benoist (Glee, Homeland).

S’inspirant de sa propre expérience de batteur de jazz dans un conservatoire durant 4 ans, le jeune cinéaste propose au public une immersion totale où il retranscrit cette pratique à l’écran en étant le plus réaliste possible. De nombreuses biopics ont été consacrées à des musiciens mais rare sur les batteurs à part « La Vie Ardente de Gene Krupa » de Don Weis (1959) sur la vie d’un légendaire musicien de jazz des années 40-50.

Andrew (Miles Teller) n’a qu’une seule obsession en tête : il veut devenir le meilleur batteur de son école. Retenu à sa grande surprise dans les cours de Terence Fletcher ( JK Simmons), l’un des professeurs le plus réputé du Conservatoire de Manhattan. Sans qu’il le sache, cet homme exerce une pression morale excessive sur ses élèves pour qu’ils atteignent l’excellence.

Sous les traits d’Andrew, le spectateur discernera la peur, la crainte de rater une mesure ou de perdre le tempo. Une peur initiée par le chef d’orchestre incarné par JK Simmons dont la palette scénique magnifie cette exigence abjecte, diabolique et monstrueuse. L’élève va consacrer son existence à la batterie non comme un divertissement, mais plus vers une pensée qui obsède son esprit.

Petit à petit, on découvre un jeune homme renfermé sur lui même qui trouve comme lieu de refuge, une pièce insonorisée où il s’entraîne sans relâche à la batterie jusqu’à ce qu’il en souffre physiquement. Le jazz n’est-il pas un style de musique qui symbolise la joie et la liberté ? Pour Andrew, le plus important est d’avoir le consentement de son professeur malgré un relationnel douloureux.

Pour cela, le réalisateur n’hésite pas à montrer toutes les émotions vécues par le jeune batteur en filmant chaque performance comme s’il s’agissait d’une dernière chance, d’un dernier baiser ou d’une dernière bataille. Minutieux, le cinéaste capture les moindres détails tout particulièrement lors des scènes en solo, les éléments de la batterie et les mouvements des bras et des jambes sont mis en avant. Ainsi que les nombreux efforts pour parvenir à l’interprétation d’un morceau : le stress, les blessures, la sueur et la fatigue. De la, Chazelle fait naitre des moments exquis que peuvent offrir la musique jazz avec les performances de Tim Simonec et Justin Hurwitz sur des classiques de jazz (Whitplash, Caravan) pour montrer la beauté des compositions.

Conclusion

Malgré un début assez lent, Whiplash est monté comme un véritable jeu de baguette à la fois punchy et rythmé. Le long métrage nous interroge sur la valeur et le sens du sacrifice, jusqu’à quel prix Andrew veux obtenir l’aval de son professeur tyrannique ? Dans la lignée des grands films sur le dépassement de soi comme Rocky, Dirty Dancing et Black Swan, le film bénéficie d’une mise en scène remarquable dont le rapport épineux entre l’élève et son mentor propose des scènes intenses. Un film furibond et poignant où la dualité entre Miles Teller et J. K Simmons fait la force de ce film.

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