En 1971, The French Connection a bouleversé le polar urbain par son réalisme, sa violence et sa fraîcheur au niveau de sa mise en scène, et reste jusqu’à aujourd’hui un incontournable du genre. William Friedkin imposa un style et une approche précise qu’on retrouvera dans de nombreux films , par un réalisme impressionnant, une violence rustre et une galerie de personnages dont la raison ne tient qu’à un fil.

Auteur

Dès l’age de 17 ans, William Friedkin apprend le métier de réalisateur sur les plateaux de télévision. Il se spécialise dans le documentaire, puis réalise un épisode de la série « Alfred Hitchcok Présente ». A 27 ans, il tourne son premier long métrage   « Good Times » en 1967. Entre 1968 et 1970, il adapte trois pièces à succès : L’Anniversaire, The Night They Raided Minsky’s et Les Garçons de la bande. The French Connection est le film qui le propulse sur le devant de la scène en 1971. Ce polar sur fond de trafic de drogue reçoit cinq Oscars, dont celui du Meilleur acteur, film et réalisateur.

Histoire

Jimmy « Popeye » Doyle (Gene Hackman) et Buddy Russo (Rob Scheider), deux flics du bureau des narcotiques, apprennent l’existence d’un important trafic d’héroïne. Cette filière prend sa source dans le sud de la France et finit par se déverser dans les ruelles de New York. De planques en filatures, d’arrestations musclées en poursuites explosives, le duo policier entame une chasse à l’homme pour démanteler ce qu’on appelle… la French Connection.

Critique

Le réalisateur William Friedkin réunit pour sa distribution : un casting d’une excellente qualité. Gene Hackman (Jimmy Doyle) endosse un personnage de dur à cuire en interprétant un policier violent et instable, tandis que Roy Scheider (Buddy Russo), son coéquipier représente un autre «  gueulard » du cinéma américain. Les seconds rôles sont travaillés et soignés tels que Fernando Rey (Alain Charnier), Tony Lo Bianco (Sal Boca) et Marcel Bozzuffi (Pierre Nicoli). La performance de ce dernier restera inoubliable, car il participe à l’une des meilleures poursuites du cinéma américain avec Gene Hackman.

Deux inspecteurs new-yorkais du bureau des narcotiques, Buddy Russo (Roy Scheider) et Jimmy Doyle (Gene Hackman) sont à la recherche d’un trafiquant appelé Sal Boca (Tony Lo Bianco), qu’ils présument être à la tête d’un grand trafic de drogue. En avançant dans leur enquête, ils s’orientent sur la piste d’une grande commande d’héroïne en provenance de la ville de Marseille, commandée par le mystérieux Alain Charnier (Fernando Fey). Ayant peu de preuves pour l’inculper, le duo s’enlise pour la suite de l’enquête…

Basé sur un roman tiré de faits réels, le scénario de « The French Connection » fait référence à la célèbre organisation marseillaise. Pour ce projet cinématographique, Friedkin prend un virage vers le réalisme et l’authenticité. Le spectateur découvrira le quotidien des policiers et les différentes étapes d’une investigation en montrant les interrogatoires, les descentes dans les bars peu fréquentables et les filatures. Le cinéaste privilégie des longues séquences pour que le public puisse vivre l’enquête en même temps que les policiers. Cette originalité est l’une des raisons pour laquelle ce long-métrage a révolutionné le genre et restera une référence grâce à cette modernité bluffante qui s’ajoute à de nombreuses perceptives qui le mettent bien au delà d’un polar banal en raison du sujet pour lequel on aurait pu le reléguer.

Le réalisateur propose une galerie de personnages dont le traitement moral navigue entre le bien et le mal. Par des trafiquants qui ne sont pas pernicieux par l’exemple d’Alain Charnier (Fernando Frey) montré comme un personnage courtois auprès de sa compagne et ses associés. Tandis que les policiers sont loin d’être des protagonistes exemplaires, le metteur en scène dépeint des personnages au bord du gouffre, qui foncent sans réfléchir, où, très souvent, leurs vieux démons refont surface. Jimmy Doyle (Gene Hackman) fait parti de ce type de personnage : il est sanguin, instable, alcoolique et peut disjoncter à n’importe quel moment. Sa personnalité névrosée et son côté « polluant » participent allégrement au succès du long métrage.

Niveau réalisation, Friedkin filme de nombreuses scènes caméras à l’épaule dans des décors naturels. Il fait vivre son environnement en filmant les ruelles de Marseille et les bas fonds de Brooklyn par ses flics, ses brigands et ses trafiquants de drogue pour que le public puisse être propulsé dans cet univers urbain. Par cet aspect, le cinéaste dépeint les actes des individus sans les dénigrer ou les auréoler, ce qui donne à The French Connection : sa propre identité. D’un point de vue de l’authenticité et du réalisme, cette approche s’inspire du film  « Z  » de Costa Gavras qui fut la principale inspiration pour le metteur en scène. L’univers du documentaire et du reportage est assez présent dans la filmographie de ce dernier, certaines séquences du film cultivent cette approche.

En ce qui concerne le traitement de la violence, le film se calque sur le style du cinéma américain des seventies et du « Nouvel Hollywood ». Cette façon directe et brute de montrer la mort des hommes est une parfaite parallèle au personnage principal interprété par Gene Hackman, dont la personnalité est hantée par la vacuité et la violence qui salissent son environnement jusqu’à le ronger de l’intérieur

Conclusion

Dans les années 70, William Friedkin a su dicter avec The French Connection des nouvelles conventions cinématographiques qui sont aujourd’hui encore des références dans notre cinéma actuel. Il proposa un polar d’un certain réalisme où le réalisateur se garde bien de tout jugement ou de toute disparité morale. Les flics ne sont pas des anges et les bandits ne sont pas tous mauvais par l’exemple d’Alain Charnier (Fernando Rey). Jimmy Doyle est un personnage irritable, violent et macho. Son coéquipier Buddy Russo (Roy Scheider) n’est pas intraitable et connaît de nombreux échecs avant de désarçonner la French Connection. Le long-métrage est doté de nombreuses scènes mythiques : le jeu du chat et de la souris avec Gene Hackman et Fernando Rey et la célèbre course-poursuite en voiture et métro entre Hackman/Bozzuffi.

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