Sorti le 17 novembre 2014, « Soul Power » de l’artiste Curtis Harding fait une entrée fracassante dans la contrée des artistes soul américains. Premier recueil musical du chanteur, ce savant mélange d’inspiration soul des années 70’s propose des titres composés d’accords homogènes de guitare aux influences blues, rock et folk. Portée par une voix ardente possédant les qualités requises pour charmer l’auditeur !

Du Michigan à la Georgie

Né et élevé à Saginaw dans le Michigan, le jeune Curtis a eu une éducation musicale par sa mère Dorothy, une évangéliste ambulante qui le ramenait dans ses péripéties et parfois l’invitait sur scène pour chanter avec elle. Comme il l’explique : « le Gospel m’a beaucoup inspiré », « transformer les épreuves et la souffrance en quelque chose de beau. C’est l’histoire des noirs en Amérique, ce que nous avons subi avec l’esclavage, ce sont les origines du Blues, du R&B, de la Soul, de la Country, du Rock ». Plus tard, Harding s’installe à Atlanta, en Georgie, où son style vocal fut remarqué par quelques précieux artistes.

De Cee Lo Green à Night Sun

L’artiste est apparu sur plusieurs remixes du duo le plus connu d’Atlanta « Outkast » composé d’Andre 3000 et Big Boi. Il poursuit son ascension musicale en rejoignant l’équipe musicale de Cee Lo Green (Gnarls Barkley, Goodie Mob) pour lequel il a travaillé en tant que chanteur back-up sur les tournées et participa sur l’ajout des pistes vocales des albums « Cee-Lo Green & His Perfect Imperfections » (2002) et « Lady Killer » (2010).

En 2011, Harding change de registre en intégrant le projet musical de Cole Alexander, un guitariste issu de la scène garage punk en Georgie avec son groupe « The Black Lips ». Les deux artistes se découvrent une passion commune pour la soul sudiste vintage et décident de former un groupe « Night Sun » aux influences R&B et garage. En 2012, le combo sort un single sur le label indépendant Burger Records, basé à Fullerton en Californie. Le chanteur a aimé travailler avec le label et l’étiquette musicale a été séduite par la voix de l’artiste. De là, un accord a été signé pour un album solo que nous connaissons sous le nom de « Soul Power » apparu au printemps 2014 aux Etats Unis.

Critique

Cet authentique artiste nous arrive tout droit d’Atlanta, il se nomme Curtis Harding, il semble être porté par cette âme soul, des mythiques chanteurs américains tels que Stevie Wonder, Curtis Mayfield, Al Green, Marvin Gaye, Donny Hathaway et plus. Torse nu, cigarette à la bouche, la pochette de l’album a été immortalisée par le photographe et directeur artistique de la Maison Saint Laurent : Hedi Slimane.

L’ouverture de l’album « Soul Power » commence avec le titre « Next Time » utilisé l’année dernière par la marque Saint Laurent pour un projet. La première piste du disque propose une introduction pop mesurée par des battements saisissants. La voix flânante du natif du Michigan s’allonge sur l’ensemble du morceau et s’évapore face à l’exécution progressive de l’orgue qui montre ses nombreuses possibilités sonores. Un morceau qui produit l’effet attendu : l’enchantement !

https://soundcloud.com/chears-mag/curtis-harding-next-time

Le chanteur propose sur le titre « Castaway », un début marqué par les riffs de guitare et une voix aux allures aériennes face à la beauté de l’orgue. Le single « Keep On Shining » présente une élégance vintage qui rappellera à l’auditeur les productions « Made in Motown » (The Isley Brothers, The Spinners). Sur la chanson « I Need A Friend », Curtis se laisse guider vers l’influence d’un grand de la soul Marvin Gaye au niveau de l’aspect vocal : une belle opportunité de montrer son admiration à cette icône de la musique.

Ensuite, l’artiste alterne entre des sommets du rock atmosphérique où il ne dément pas son inspiration et sa sensibilité pour Jimi Hendrix. Sur le titre « Surf », il est bien aidé par son compère Cole Alexander, les deux musiciens livrent un titre soul à l’influence garage. On retrouve également ce tempo énergique sur le morceau « I Don’t Wanna Go Home » en duo avec la voix et la basse de Jared Swilley. Sur les titres « Freedom » et « Beautiful People », le soulman nous livre des compositions touchantes. Beautiful People se compose d’une ligne de basse « fine » épaulée par la réverbération de la guitare, sur laquelle la voix oppressée volontairement rappelle les compositions de son mentor Cee Lo Green tant l’auditeur sera captivé par cette émotion auditive.

L’atmosphère de l’album devient unique à chaque chanson, l’artiste a su créer une palette musicale nuancée par la soul, le blues, le rock, la folk et la musique garage tout en essayant de garder sa patte personnelle sans jamais abuser de ses nombreuses teintes utilisées. En passant par l’influence soul de la Motown sur le titre « Keep On Shining » , l’émotion sur « Beautiful People » à l’accent gospel en allant vers des sonorités rock tout droit sorti d’un road trip à l’américaine sur « Drive My Car ». Harding signe un premier opus d’une grande efficacité.

Conclusion

Curtis Harding maîtrise avec une certaine aisance les divers genres musicaux proposé à l’auditeur. On écoutera aussi bien de la soul autant que du rock, du garage ou de la folk. Cette polyvalence permet à l’artiste d’éviter un énième album soul rétro comme nous le voyons depuis des années : un recueil musical agréable à l’écoute, le tout porté par une voix envoûtante !

Le clip  » Keep On Shining » de l’artiste Curtis Harding

 

 

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